revue de presse : 10 et 11 décembre

revue de presse : 10 et 11 décembre

2008-12-12T16:58:06+00:0012 décembre 2008|Catégories : À LA UNE|

Une page entière dans les 2 quotidiens locaux, de nombreux articles dans les rubriques locales. La lecture de la presse montre l’effervescence qui règne dans les établissements scolaires.

Ci dessous les articles de Ouest france, en pièce jointe, à la fin ceux du Maine Libre


"université"

Régime amaigrissant en vue pour l’Université

Enseignants et étudiants ont appris hier les menaces que font peser sur l’université les nouvelles modalités de dotations par le ministère.
L’Université du Maine vient d’apprendre que cinq postes seraient supprimés en septembre. Enseignants et étudiants ont été conviés à une séance d’information…
Les « patrons » de l’Université du Maine n’ont pas trop aimé la méthode : un mail reçu vendredi soir à 23 h, du ministère de l’enseignement supérieur leur annonçant… la suppression de cinq postes (1) à la rentrée de septembre 2009 ! Trois départs à la retraite non remplacés et deux redéploiements. En 2010 et 2011, il y en aura 4 autres.

Aucune concertation préalable et pas d’explication sur les critères pris en compte dans ce calcul. Où ces postes seront-ils ôtés ? Ce sera à l’Université de trancher. « Toutes les composantes seront concernées » prévient Jean-Yves Buzaré, l’un des deux vice-présidents qui animait, hier après-midi, une réunion d’information. Six cents enseignants et étudiants y assistaient.

Une chose est sûre : la carte universitaire française se redessine et 200 postes doivent être redistribués à la rentrée entre les différentes universités. « On n’a pourtant pas l’impression d’être particulièrement bien dotés », estime Rachid El Guerjouma, le vice-président du conseil d’administration.

Plus d’enseignement, moins de recherche

La preuve ? Les 43 000 heures de cours complémentaires effectuées chaque année. Elles correspondraient à 223 postes d’enseignants-chercheurs. Irréalisable. « Ces heures sont donc effectuées par ceux qui sont déjà en poste, au détriment de leur activité de recherche. Mais justement, maintenant, c’est la qualité de la recherche qui sert de critère aux dotations ».

Or moins de recherche signifie aussi moins d’étudiants de niveau master et doctorat (bac +4 et 5), des laboratoires de recherches menacés. Et à terme, une université du Maine qui ne deviendrait qu’un « satellite » d’une université plus grosse, d’ici huit ans, selon Rachid El Guerjouma. Si la loi de la ministre Pécresse va à son terme.

En plus de la réduction de postes, les moyens, eux, stagnent. « Alors que les exigences, elles, augmentent ». Rien par exemple n’est prévu dans le budget 2009 pour organiser la première année de médecine en septembre prochain. Si ce sont les profs d’Angers qui assureront les cours par vidéoconférence, il y a quand même des travaux à prévoir. A la charge de l’Université du Maine.

« Nous avons des projets ambitieux, mais comment les mettre en place ? » s’interroge Rachid El Guerjouma. L’assemblée a pris acte de ces menaces. Et, à l’exception des représentants de l’IUT toujours motivés, a regagné sagement les cours. Pour le moment.

Laurence PICOLO.

(1) Il y a actuellement 779 emplois statutaires d’enseignants à l’Université.

Ouest-France


""

La contestation des réformes dans l’Éducation se poursuit. 500 personnes se sont réunies hier.

Place de la République, au milieu de la petite file d’attente devant le chalet du Père Noël, Perrine, 6 ans, avoue ne « pas aimer les manifestations parce que ça fait du bruit. » Gentiment, sa maman lui explique que « cette manifestation est bien parce que ce que fait Monsieur Darcos, ce n’est pas bien ».

Dans le cortège qui vient d’arriver, Louis, 7 ans, élève à l’école primaire d’Yvré-l’Evêque a retenu la leçon de maman : « Supprimer les Rased, ce n’est pas bien, parce que ça fait moins de maîtres pour mes copains qui ont besoin d’aide. »

Étrange mélange, hier soir, sur la place de la République baignée par les illuminations du marché de Noël. Un peu avant 18 h, les étudiants et les enseignants de l’IUT en grève, sont arrivés les premiers. Juste après a surgi le cortège de professeurs et des parents d’élèves, qui s’était formé un peu plus tôt, devant l’inspection d’académie.

Chacun expose les raisons de « sa » colère. Suppression d’un tiers des postes dans les Rased (les profs spécialisés dans la prise en charge des élèves de primaire en difficulté), réduction des horaires et modules facultatifs dans les lycées, inquiétudes sur le budget des IUT et de l’université en général… Résumé en une chansonnette au refrain lapidaire, cela donne : « Darcozy ! Y’en a marre de ces Guignols qui ouvrent des prisons et s’en prennent à l’école ! »

Clairement, les enseignants ont constitué le gros des manifestants. Mais, en ce mercredi soir frisquet, la présence d’importantes délégations de parents montre que les réformes en cours inquiètent au-delà du monde enseignant.

Mardi, manif aux flambeaux ! Ils remettent ça dès mardi, à l’occasion du comité départemental de l’Éducation. Présidé par le préfet, il réunit inspecteur d’académie, représentants des profs, des parents et aussi des élus locaux. Syndicats enseignants, FCPE et coordination lycéenne appellent à une manifestation aux flambeaux et aux lanternes, place de la préfecture, pour « éclairer » l’opinion publique.

Ca bouge dans les lycées. Environ 200 lycéens ont manifesté, hier, dans le centre du Mans, provoquant ponctuellement quelques bouchons et quelques perturbations sur la ligne de tramway. Une partie des lycéens venait du lycée agricole de Rouillon, les autres du Mans, notamment des lycées Bellevue et Yourcenar.

Réunion tendue à l’inspection d’académie. Selon les syndicats enseignants, la réunion avec l’inspecteur d’académie consacrée au Rased, hier en fin de journée, s’est déroulée dans un climat « très tendu ». Jean-Claude Rouanet y aurait confirmé la « réaffectation », dans des classes, de 20 des 119 enseignants du réseau spécialisé dans l’aide aux élèves en difficulté (Rased) qui interviennent à la demande dans les écoles.

Ouest-France


"IUT

Les étudiants de l’IUT du Mans défilent encore

Le cortège d’étudiants de l’IUT qui ont manifesté, hier en centre-ville du Mans, a rassemblé environ 150 personnes.
Environ 150 personnes, essentiellement des étudiants de l’IUT, ont une nouvelle fois défilé, hier après-midi, dans le centre du Mans. Ils protestent contre la réforme sur l’autonomie des universités qui met en péril, disent-ils, le financement de leurs établissements.

Parti de l’université vers 14 h, le cortège a rejoint la place de la République une heure plus tard. La circulation du tramway a été perturbée jusqu’à 16 h, notamment entre les stations Lafayette et Gares. Une nouvelle assemblée générale doit se tenir ce matin. Elle pourrait décider d’un nouveau défilé.

À La Ferté-Bernard

Plusieurs centaines d’élèves du lycée Robert-Garnier se sont rassemblées devant les grilles de l’établissement. Un petit groupe a mis le feu à des palettes et provoqué l’intervention des pompiers et des gendarmes, quand ils ont lancé des aérosols dans les flammes. Finalement, une partie des élèves est allée en cours, pendant qu’une centaine de lycéens ont fait le tour des lycées de la ville.

À Château-du-Loir

Une centaine d’élèves du lycée professionnel Maréchal-Leclerc ont de nouveau installé un barrage filtrant à l’entrée de leur établissement. Ils ont ensuite défilé jusqu’à l’hôtel de ville, où ils ont reçu le soutien du maire Daniel Macheton. Dans la rue, ils ont fait signer une pétition de soutien à leur mouvement contre les réformes du Ministre Xavier Darcos et notamment la suppression du Brevet d’enseignement professionnel.

À Brette-les-Pins

Le lycée agricole est lui aussi entré dans le mouvement. Un barrage filtrant a été installé à l’entrée de l’établissement. Les élèves et les enseignants qui le souhaitent peuvent passer. Mais seulement à pied.

À La Flèche

Une cinquantaine de lycéens restent fidèles à leur mouvement et ont tenu un barrage filtrant à l’entrée de la cité scolaire Bouchevereau. Une manifestation est annoncée pour ce vendredi, à 9 h.

Ouest-France


"rouillon

Le proviseur ferme le lycée agricole de Rouillon

Le barrage a été démantelé dans l’après-midi. Mais le lycée de Rouillon reste fermé jusqu’à lundi. Au moins…
Le blocus total des élèves grévistes ne permettait plus à l’établissement de fonctionner en toute sécurité. Il rouvrira peut-être lundi.
Entre 7 h et 9 h hier, il y avait en tout et pour tout le personnel de direction et seulement deux assistants d’éducation, à l’intérieur des 17 000 m2 de locaux du lycée agricole de Rouillon. « Les conditions de sécurité n’étaient plus réunies. La décision a été prise de fermer l’établissement, explique Lionel Mésange, le proviseur-adjoint. Les cours sont suspendus jusqu’à lundi, ainsi que la restauration et l’hébergement. »

Les internes ont donc été priés de rentrer chez eux. Tous les parents ont été contactés par téléphone, ou par courrier, pour les informer de la situation. Le lycée compte environ 250 élèves, 120 étudiants et quelque 220 apprentis.

C’est la décision des 150 élèves grévistes présents de durcir leur mouvement, hier matin, qui a entraîné la fermeture. D’un blocage filtrant, mercredi, on est passé à un blocage total, hier.

Tous les enseignants et les assistants d’éducation ont été empêchés d’entrer. Les grévistes protestent notamment contre la transformation des cours en modules, la suppression annoncée des options pour les élèves de première, mais aussi contre le bac pro en trois ans, déjà l’objet de manifestations l’an passé.

Dans l’après-midi, les grévistes ont levé le barrage de chaises, de balles de paille et autres objets qui barraient l’entrée depuis mardi. Une nouvelle assemblée générale devrait se tenir, lundi matin, pour décider de la suite des événements. Un nouveau blocage n’est pas exclu.

Ouest-France