Refuser les pièges du catastrophisme… Ce n’est pas aux salarié-e-s de payer une crise qui n’est pas la leur…

Plus que jamais construire un front syndical unitaire contre les régressions et imposer dans le débat public la discussion sur le financement !

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FSU

Projections financières du COR : refuser le piège du catastrophisme, porter nos propositions

Comme prévu, l’actualisation des projections financières du COR met en évidence les effets de la crise financière et économique sur les régimes de retraites.

Bien que notre système de retraite ait pleinement joué son rôle d’amortisseur social pendant la crise, et alors que dans le même temps les fonds de pension perdaient en une seule année 5400 Mds de dollars, les effets économiques de cette crise risquent de se faire durablement ressentir si des politiques favorables à l’emploi, et aux salaires ne sont pas privilégiées. Pour la FSU, les futurs retraités n’ont pas à payer la facture d’une crise économique qu’ils paient déjà au prix fort en tant que salariés. Car si les besoins de financement sont réels, pour la FSU les ordres de grandeurs obtenus nécessitent d’être clarifiés.

La FSU souligne le peu de pertinence des scénarios catastrophes mis en avant, envisageant une croissance de la productivité de + 1,5 par an alors que la moyenne observée sur la période 1991-2007 est de 1,8 ! Gouvernement et patronat ne manqueront pas de les utiliser pour présenter comme inévitables un report de l’âge légal et un allongement de la durée de cotisation.

Par ailleurs une part des besoins de financement présentés dans le rapport tient à un mode de calcul arbitraire de la contribution de l’état pour ses fonctionnaires, qui fait de la baisse du nombre des fonctionnaires et de leur pouvoir d’achat un facteur d’amplification de ces besoins.

La FSU considère que les projections du COR mettent en évidence le caractère central des questions d’emploi, de salaires et de l’investissement productif pour le financement des régimes de retraite.

En remettant ces besoins de financement à leur juste place, il est parfaitement envisageable d’actionner le troisième levier : augmenter les ressources. Cela suppose, contrairement au parti pris gouvernemental, de « tout mettre sur la table » et de débattre du taux de cotisation, de l’élargissement de l’assiette de ces cotisations aux revenus du travail et du capital qui échappent à la solidarité et de moduler ce taux en fonction de la valeur ajoutée des entreprises afin de ne pas pénaliser l’emploi et les salaires.

Pour ces raisons, la FSU, conformément aux mandats donnés par son congrès, appelle les personnels de son secteur à se mobiliser notamment dans le cadre des journées du 20 avril et du 1er mai avec l’ensemble des salariés afin de mettre en échec les projets de régression et de faire entendre que d’autres choix sont possibles.


CGT
Déclaration d’Eric Aubin, en charge du dossier retraites à la Cgt

La CGT s’inscrit en totale opposition avec le catastrophisme des commentaires qui accompagnent depuis 2 jours la publication du rapport du Conseil d’orientation des retraites. Ce rapport que le COR vient de rendre public, démontre avant tout la dégradation de l’équilibre financier des retraites, sous le coup de la crise.

Si les conséquences de la démographie à long terme ne sauraient être niées, elles sont parfaitement surmontables. La France est le pays d’Europe où la situation démographique est la plus favorable ; la seule à assurer à terme le renouvellement des générations.

Le rapport du COR montre que la raison fondamentale de la dégradation de l’équilibre financier des régimes est la chute de l’emploi : 680.000 emplois détruits en 2009, une baisse historique de la masse salariale de 1,4%. La crise coûterait à elle seule plus de 600 milliards d’€ aux régimes de retraite. Il n’est pas question que les salariés qui ne sont en rien responsables de la crise en paient le coût.

Pour la CGT il faut une nouvelle politique de l’emploi rompant avec la situation que nous avons connue depuis un quart de siècle. Cela passe par une remise en cause du mode de croissance actuel orienté vers un accaparement de plus en plus important, par les actionnaires, des richesses crées : depuis 25 ans les dividendes versés par les entreprises ont explosé au détriment de l’emploi, des salaires et de l’investissement.

La réduction du chômage ne résout pas la totalité des problèmes mais est indispensable, c’est la moitié du problème du financement des retraites qui serait résolu à long terme. A court terme, une hausse des ressources est indispensable. C’est pourtant la perspective que refuse Monsieur Woerth.

Pour la CGT, il faut une réforme du financement de la protection sociale.

La CGT exige la mise en oeuvre d’une contribution sur les revenus financiers des entreprises au même taux que la cotisation retraite des employeurs (8,2%). Elle exige la remise en cause des exonérations de cotisations patronales et des exemptions de cotisations dont bénéficient l’intéressement, l’épargne salariale, l’épargne-retraite, les stock-options et les attributions d’actions gratuites. Elle propose d’instituer une double modulation des cotisations patronales qui tiendrait compte de la part des salaires dans la valeur ajoutée et des comportements d’emploi des entreprises

En appliquant l’ensemble de ces mesures, on dégagerait les 5 à 6 points de PIB nécessaires à l’horizon 2050 pour garantir de bonnes retraites. Les autres réponses, et en particulier le recul de l’âge de la retraite n’auraient pour effet que de baisser le niveau des retraites et de faire basculer de nombreux salariés âgés dans la précarité.

La CGT mènera une lutte déterminée pour défendre le droit au départ à la retraite à 60 ans et un niveau de pension au moins égal à 75% du salaire d’activité.

Elle appelle à une forte mobilisation unitaire, des actifs et des retraités, dès maintenant et en particulier le 20 avril dans les entreprises et le 1er mai, pour imposer d’autres solutions et empêcher une nouvelle étape de régression des droits à retraite.

Montreuil, le 14 avril 2010

Solidaires
Le Conseil d’orientation des retraites rend public son dernier rapport actualisant les projections financières de 2007. Le COR confirme que « la plus grande partie de la dégradation aurait lieu en 2009 et 2010 (…) A plus long terme, les effets directs de la crise économi
que sur la situation financière des régimes s’estompent ». Il n’y a donc pas fondamentalement de problème, hors la situation nouvelle créée par la crise. La question qui se pose est donc de savoir qui va payer le prix d’une crise créée de toutes pièces par les marchés financiers. Pour l’Union syndicale Solidaires, ce n’est pas aux salariés et plus globalement à la population de payer une crise dont les institutions financières sont les premières responsables.

Au-delà sur le long terme, le COR montre que la dégradation du niveau des pensions et le durcissement des conditions de départ à la retraite ne sont pas inévitables à condition d’accepter que l’augmentation du nombre de retraités s’accompagne d’une augmentation correspondante des cotisations sociales. Ainsi, quel que soit le scénario envisagé en matière de taux de chômage et de productivité, il est possible de maintenir le taux de remplacement (niveau de la pension sur le salaire) qui est aujourd’hui de 72 %. Si l’on prend le scénario du COR le plus défavorable, il faudrait 3 points de PIB supplémentaires à l’horizon 2050, soit une augmentation de 10,4 points de cotisations lissée sur 40 ans, soit 0,26 point par an. Personne ne peut sérieusement affirmer qu’une telle augmentation mettrait en danger l’économie française.

Une vision catastrophique est d’autant moins fondée qu’un rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée, la richesse créée dans les entreprises, est tout à fait envisageable. Il n’est pas acceptable de considérer comme pérenne la baisse très importante de la part des salaires ayant eu lieu ces dernières années (près de 9 points), alors que, dans le même temps, la productivité du travail a continué de croître fortement (plus de 50 % en 20 ans) et que les dividendes des actionnaires ont explosé. Un tel rééquilibrage de la part des salaires, qu’une augmentation des cotisations patronales peut amorcer, aurait d’ailleurs des effets neutres sur la sacro-sainte compétitivité des entreprises s’il était compensé par une baisse des dividendes versés aux actionnaires.

Une augmentation de la durée de cotisation et un report de l’âge de départ à la retraite ne peuvent donc en aucun cas se justifier. En définitive, la question des retraites renvoie à la place du travail dans la société. Il s’agit donc de savoir si une infime minorité va continuer à s’accaparer la richesse produite. Pour l’Union syndicale Solidaires, il est temps que les salariés, et plus largement, la population impose un nouveau partage du revenu national.

Le 14 avril 2009

CFDT
Déclaration de Jean-Louis Malys, secrétaire national – Retraites, refonder le système et réduire les inégalités

Le Conseil d’orientation des retraites publie aujourd’hui de nouvelles projections financières de moyen et long terme.

Ces projections révèlent le poids majeur de la crise dans l’augmentation du besoin de financement des régimes de retraite à moyen terme. Le conseil l’évalue entre 41 et 49 milliards d’euros en 2020, dont près de la moitié est une conséquence directe de la crise.
Quant aux perspectives de long terme, elles restent tributaires de facteurs démographiques bien connus, liés à l’arrivée à la retraite des générations nombreuses du baby-boom et à l’allongement de la vie.
La CFDT est attachée à ce que l’origine des déficits soit clairement distinguée dans le débat public, afin d’éviter toute dramatisation inutile de ces questions. A l’horizon 2050, le besoin de financement serait compris entre 72 et 115 milliards d’euros. De tels montants traduisent l’impasse de solutions strictement paramétriques pour régler la question des retraites. Un recul de l’âge légal de départ serait à cet égard injuste, inefficace et sans commune mesure avec les enjeux.
L’amélioration de la situation de l’emploi est une condition indispensable pour donner au système des perspectives de retour à l’équilibre à long terme. Le maintien des seniors dans une activité ne peut se concevoir qu’en remettant en cause les organisations et conditions de travail.
Les revenus du patrimoine et des placements financiers devront être davantage mis à contribution dans son financement, afin de renforcer les solidarités. Il est indispensable de refonder notre système de retraite par répartition, pour mieux le préserver et redonner confiance aux jeunes générations.

Le calendrier fixé par les pouvoirs publics ne permettra pas, de toute évidence, de résoudre les problèmes de fond. La CFDT renouvelle son appel à la tenue d’un grand débat de société sur ce thème.

FO
Au delà d’une accumulation de chiffres qui sont supposés éclairer le gouvernement sur les leviers possibles dans la perspective du rendez-vous Retraite, Force Ouvrière fait le constat que la crise économique a sévèrement contribué au déséquilibre de nos régimes de retraite.

La détérioration entre 2008 et 2010 serait de l’ordre de 20 milliards d’euros ce qui correspond à un effondrement de la masse salariale et à une forte augmentation du chômage ; ce que n’avait pas prévu le rapport de 2007. On ne peut, en toute logique, élaborer des scénarios, et se projeter jusqu’en 2050 sans marge d’erreur ce qui contribue à précipiter les salariés dans le doute et l’inquiétude. Ces prévisions ne peuvent servir de politique économique.

Qu’aurait on dit en 1945 à la création de la Sécurité sociale si on avait fait des projections sur 1985 !

Les conclusions du rapport vont servir d’arguments à la propagande du gouvernement qui entend faire supporter aux salariés les efforts financiers sur des scénarios alarmistes qui s’inscrivent, comme le souligne le rapport, dans les prévisions réalisées par le gouvernement dans le cadre du pacte de stabilité et de croissance.

Force Ouvrière n’est en rien engagée sur le diagnostic. L’avalanche de chiffres annonciateurs de catastrophes ne doit pas nous faire oublier que l’équilibre de nos régimes de retraite passe par une répartition différente des richesses produites au profit des revenus du travail piste que le rapport du COR ne traite pas.

Force Ouvrière n’accepte pas que les variables d’ajustement pour équilibrer nos régimes reposent sur l’âge de départ, la durée de cotisation ou la baisse des pensions. Elle rappelle qu’elle a fait des propositions réalisables en matière de financement ; la question du financement est incontournable, il s’agit d’un choix de société pour les générations actuels et futurs.

SNESup FSU

NOS RETRAITES MERITENT MIEUX QU’UN RAPPORT MEDIOCRE

Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) vient de publier son projet de rapport sur « les perspectives à moyen et long termes pour les retraites ». Devant un tel sujet et de tels enjeux, un tel rapport ne peut que retenir l’attention. Son instrumentalisation au service du gouvernement ne doit tromper personne.

Le SNESUP est obligé de dire que ce projet de rapport est d’une très regrettable médiocrité.

En effet le COR reste enfermé dans le cadre de la loi Fillon de 2003 et, alors que la situation générale de crise économique et sociale exigerait une réflexion à un tout autre niveau, il reprend dans ce texte ses propositions périmées de 2007.

Il reste sur un schéma que le SNESUP a déjà dénoncé. Pour équilibrer financièrement les régimes, il propose d’agir sur une augmentation du poids des cotisations versées par les salariés, sur l’âge des départs, sur la durée nécessaire pour avoir une pension complète, sur l’acceptation d’une baisse sensible du rapport entre la pension moyenne et le revenu du salarié. Pour tenir compte, dit-il, de la crise, il considère cela selon 3 scénarios bâtis sur des hypothèses, pour les 40 années qui viennent, concernant le chômage, le taux de productivité et la croissance. Dans les trois scénarios, les conclusions sont sensiblement les mêmes : retarder l’âge de départ, allonger les durées, augmenter les prélèvements des salariés, réduire les pensions.

Pas un mot en dehors de ce schéma. La défense des retraites du secteur public comme du secteur privé mérite une autre démarche.

Ces vingt dernières années, c’est une cause de la crise économique, la part des salaires n’a pas cessé de baisser. Des masses financières considérables échappent à toute cotisation sociale, l’assiette des cotisations doit donc être élargie. Les divers bonus et autres profits tirés des spéculations de tous ordres devraient être imposés. Le bouclier fiscal comme les exonérations injustifiées de cotisations devraient être supprimés. Un rédacteur du journal Le Monde, sans doute pour vendre du papier en parlant de vertige, annonce que 2600 milliards seraient nécessaires pour sauver les retraites en 2050 en oubliant que d’ici à cette même année, sur les barèmes de 2008, les revenus financiers des entreprises atteindraient plus de 15 000 milliards d’euros et que le PIB cumulé atteindrait 120 000 milliards d’euros ! Et une modulation de la cotisation patronale en fonction de l’évolution des salaires et de la valeur ajoutée des entreprises pourrait jouer simultanément sur le développement économique et sur l’emploi. Pour les fonctionnaires, les agressions et les réductions d’emplois doivent cesser ; elles mettent en péril, au détriment de la population toute entière, les services publics qui sont gage de cohésion et d’activité. Et faire travailler les seniors contribuera à augmenter la précarité des jeunes.

C’est en travaillant dans ces directions que le COR pourrait apporter une contribution positive alors que sa position actuelle fournit au gouvernement des arguments inadmissibles faisant porter aux salariés, y compris les fonctionnaires –notamment aux enseignants-chercheurs dont le recrutement intervient tardivement à plus de 30 ans–, et aux retraités, tout le poids d’une crise engendrée par le système bancaire et économique.

Il faut correctement financer les retraites, maintenir les possibilités de départ à 60 ans, prendre en compte les années de formation et d’études, réduire les durées, rétablir des droits sociaux. C’est sur ces exigences que le SNESUP appelle à toutes les ripostes syndicales, politiques et associatives nécessaires.SNESup FSU