RETRAITES : La propagande au service des régressions sociales

RETRAITES : La propagande au service des régressions sociales

2008-02-03T21:15:16+00:003 février 2008|Catégories : À LA UNE|

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En publiant à quelques heures du nouvel an un rapport préconisant de porter la durée d’assurance à 41,5 annuités d’ici 2020, le gouvernement vise à passer en force en présentant comme inévitable l’allongement de la durée de cotisation.

La baisse relative des pensions est programmée, l’allongement de la durée de cotisation est une impasse, il faut accroître le financement de nos régimes de retraite. Les réformes successives des retraites qui se sont focalisées sur la seule variable de l’allongement de la durée d’assurance n’ont pas produit les effets que les auteurs de ces réformes prétendaient attendre.

Les assurés liquident leur retraite le plus tôt possible : cette situation était aisément prévisible, au vu de la situation de l’emploi, de la stigmatisation des seniors par les employeurs, de la pénibilité et de la fatigue au travail et des réalités sociales. Tous régimes confondus, les salarié-e-s partent autour de 57,5 ans et les 37,5 annuités de cotisation restent la moyenne. Il n’y a que 12% des fonctionnaires à poursuivre au-delà de 60 ans.

La baisse des pensions est donc la véritable variable d’ajustement.

L’objectif est de décrédibiliser aux yeux des salariés et de l’opinion, notamment vis à vis des jeunes générations le système de retraite par répartition.

Cette orientation veut faire de l’épargne individuelle un recours obligé, mais très inégalitaire, pour maintenir le niveau de vie des retraités.

Nous sommes devant un choix de société : veut-on une société solidaire ou la société du chacun pour soi ?

Faire le choix d’une société solidaire, c’est assumer et affirmer que nos régimes de retraite ont besoin de moyens de financement nouveaux, non seulement pour faire face au vieillissement de la population, mais aussi pour mettre en place des droits nouveaux afin de prendre en compte des mutations sociales comme l’entrée plus tardive dans la vie professionnelle, l’impact du chômage et de la précarité, et la nécessité de réduire les inégalités dont sont victimes les femmes, les petites retraites et les salariés en difficulté en fin de carrière.

Nous pourrions tous partir au bout de 37,5 annuités avec une pension correcte.

C’est une question politique concernant la répartition des richesses.

Ces choix sont possibles

Les projections financières faites par le COR montrent que le catastrophisme entretenu depuis de longues années sur ce dossier n’est pas justifié. Les besoins de financement sur le long terme sont réduits de près de moitié par les nouvelles projections de population active.

Ils sont à la portée d’un pays qui globalement s’enrichit. La question principale, absente des orientations gouvernementales (et des médias) est celle d’une répartition équitable de l’effort à faire.

Pour équilibrer le financement des retraites, le COR estime le besoin de financement des retraites de 0,7% de PIB (si chômage égal à 4,5%) à 1,2 % (si chômage à 7%) en 2020.

A lui seul, le paquet fiscal de l’été dernier représente plus de 0,8 point de PIB,

Pour équilibrer, il faudrait une hausse de cotisation de 4% d’ici 2020 soit 0,35% par an. C’est donc tout à fait possible, en augmentant le salaire, direct ou indirect ! Mais, le MEDEF et le gouvernement le refusent d’une même voix.

Gouvernement et Medef veulent la croissance mais refusent d’en redistribuer les fruits. Tout l’enjeu de la bataille de 2008 qui s’annonce est là !

Salaires, retraites, emploi, protection sociale, tout est lié. Pas d’autres solutions que de porter un coup d’arrêt à la déferlante libérale.


Rappels des 3 piliers de la réforme de 2003

· 40 annuités de cotisation pour avoir une retraite à taux plein (75% du dernier salaire)
· 5% de décote par année manquante à partir de 2015
· Indexation des retraites sur les prix et non plus les salaires.

Avec le projet Sarko / Fillon, le nombre d’annuités devrait passer à 41 d’ici 2012 et 41,5 pour 2020 (soit une valeur de 1,807 par annuité).

Exemple de conséquences pour un-e fonctionnaire recruté-e en 1980 à l’âge de 22,5 ans.

A 60 ans, en 2017, Il / elle aura 37,5 annuités de cotisations. S’Il / elle part en retraite son taux de remplacement serait de :

1,807 x 37,5 = 67,77

Comme Il / elle lui manquera 4 années, Il / elle aura une pénalité de :

4 x 5 = 20%

Il / elle touchera donc :

67,77 – 20 = 47,77 % de son dernier salaire

Bien entendu, si vous avez commencé après 22 ans, si vous vous êtes arrêté-e pour des raisons diverses, le calcul sera encore plus défavorable.