Réaction nationale de la FSU

Point_sanitaire_du_22_avril_des_inquietudes_qui_persistent

Réaction FSU 72

Jean Castex, Olivier Véran, Jean Michel Blanquer, ce jeudi 22 avril à 18h

La rentrée aura lieu le 26 avril dans les écoles primaires.

Le calendrier est tenu. C’est à peu près la seule chose que tient ce gouvernement.

La situation sanitaire reste ultra critique, et tout particulièrement en Sarthe, qui fait cavalier seul dans tout le grand ouest (taux d’incidence de presque 450 quand les départements autour sont à 250). L’occupation des lits de réanimation est selon les données de l’ARS Pays de la Loire en cette fin avril de 148 en Sarthe, c’est à dire le même qu’au début de ce confinement. Rappelons en outre que 30% des patient-es en réanimation décèdent. Cette position très notablement haute dans le palmarès inquiétant des contaminations vaut à notre département que les élèves de 3ème et 4ème bénficieront d’un enseignement hybride, comme celui des lycées. C’est le moins qu’on puisse attendre.

Autre point que la FSU considère positif, et qu’elle demande depuis de nombreux mois : la fermeture d’une classe au premier cas covid avéré.

Pour le reste, rien ne change, malgré le contexte.

Côté vaccination on annonce une capacité de 2 000 000 de doses par semaine, mais on laisse les personnels des écoles, qui tout compris (enseignants, atsem, aesh, personnels techniques, de restauration, de ménage, animateur-trices) sont sensiblement moins de 2 000 000, reprendre sans être vacciné-es. C’est un choix politique grave du point de vue de la protection que doit l’employeur à ses employés, mais aussi du point de vue sanitaire général. En Sarthe le vaccinodrome de la rotonde, sensé permettre aux personnels prioritaires d’accéder au vaccin, fonctionne au tiers de sa capacité (8 lignes ouvertes sur 25) faute de doses disponibles, et ne permet pas de répondre à la demande avant reprise. Des personnels reprendront donc contaminés, gaspillant le peu d’effet attendu de la période qui s’achève.

Côté tests, certes les enseignant-es seront testés deux fois par semaine, c’est nouveau et cela va dans le bon sens. Mais on annonce pour les élèves un passage de 400 000 (en mars) à 600 000 tests pratiqués dans les écoles au mois de mai. Si on compare cette quantité au 12 millions d’élèves, cette augmentation n’est en rien significative car cette vitesse de test rend la démarche inutile, comme c’était déjà le cas avant ce confinement, et comme cela a été expliqué par plusieurs infectiologues. C’est à comparer avec les choix anglais et autrichiens qui rendent obligatoires pour tou-tes les élèves les tests salivaires avant d’entrer en classe.

Côté purificateurs d’air et tests CO2, Jean Michel Blanquer « encourage » les collectivités à en équiper les locaux scolaire. On attendrait évidemment de lui, s’il était aussi efficace qu’il le prétend, qu’il les « finance ». C’est ce même ministre qui a rendu 600 millions d’euros de l’éducation nationale à l’état il y a quelques mois, et qui n’aurait pas aujourd’hui les 100 millions d’euros qui permettraient de financer ces équipements! Il insinue, en « encourageant », que le défaut viendrait d’une mauvaise volonté des élus quand ce sont évidemment les moyens qui manquent. Là encore on se moque de nous, citoyennes, citoyens, professionnel-les.

Côté remplaçant-es le ministre annonce 5000 postes de contractuels dédiés à la crise sanitaire. Un DASEN a récemment déclaré que pour son département il estimait à 1000 le besoin. On voit qu’en soi le nombre concédé est très inférieur à ce qu’il devrait être nationalement pour permettre le remplacement normal, et donc le respect du protocole sanitaire tout autant que la continuité de l’activité pédagogique. Mais quand bien même ce gouvernement souhaite recruter 5000 contractuels, on peut fortement douter de sa capacité à le faire de façon effective : en Sarthe, 40 postes étaient possibles et seuls 8 ont été trouvés…

Toujours sur la question du remplacement, a fuité d’une réunion ministérielle a 14h ce jeudi 22 avril qu’en cas de non remplacement serait ouverte la possibilité de faire rester chez elles et eux les élèves en capacité d’y rester. C’était un nouvelle qui laissait espérer une réelle facilitation à appliquer le protocole sanitaire et ses obligations de non brassage. Le ministre n’a en rien repris cette proposition ce soir, insistant plutôt sur le fait que « tout sera mis en place pour que les enfants aillent à l’école ».

Pour finir, cette intervention médiatique a gardé toute sa morgue habituelle. Le ministre a beaucoup félicité, surtout lui même. « La France a tenu bon », « l’école est restée ouverte », « la capacité des ENT a été augmentée » et les problèmes de connexion n’ont touché que quelques départements… Le premier ministre n’a pas été en reste de formules identiques pour dire combien la France était en ce moment le 3ème pays où l’on vaccine le plus… En ce moment peut-être, lorsque d’autres pays finissent de vacciner toute leur population.

Insupportables effets de langage, qui continuent, qui masquent des choix d’économies incompréhensibles, et qui font reculer sans cesse plus la confiance pourtant nécessaire dans ce contexte très dangereux.