Coronavirus : le ministre nous remercie, mais cela ne masque pas son incompétence !

Coronavirus : le ministre nous remercie, mais cela ne masque pas son incompétence !

2020-03-20T20:24:13+01:0012 mars 2020|Catégories : À LA UNE|

 

Coronavirus : le ministre nous remercie, mais cela ne masque pas son incompétence !

20 mars 2020

Depuis le début de cette crise sanitaire, les enseignant∙es, personnels de l’Éducation Nationale sont sur le pont. Ils∙elles ne sont pas en première ligne comme les personnels de santé. Mais à leur niveau, les agents du Ministère de l’Éducation Nationale participent aussi très largement à la solidarité nationale.

Nous n’oublions pas les annonces à l’emporte-pièce de notre ministre :

Jeudi 12 mars vers 16h00, 4 heures seulement avant l’intervention télévisée du président de la république, le ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer affirmait que la fermeture des écoles sur l’ensemble du territoire français n’était pas envisagée.
Ce même jour à 20h00, Emmanuel Macron annonçait la fermeture jusqu’à nouvel ordre de l’ensemble des établissements scolaires du pays, de la maternelle à l’université !

Le samedi 14 mars, Jean-Michel Blanquer expliquait que « le principe c’est que les adultes sont au travail » et qu’il devait y avoir en moyenne la moitié des enseignants dans les écoles et établissements en permanence !
Dès le 14 mars au soir, Blanquer était contredit par le premier ministre, Edouard Philippe, qui annonçait de nouvelles mesures de lutte contre la pandémie reposant sur la distanciation sociale, l’organisation massive du télétravail.

Le 15 mars dans la matinée, Blanquer contredisait ce qu’il avait annoncé la veille et expliquait sur France Info que seuls 10% des enseignants seraient présents dans les écoles et établissements…
Ce même jour [15 mars] en fin d’après-midi, Blanquer revenait de nouveau sur ce qu’il avait dit et expliquait dans une lettre adressée à tous les recteurs que « notre priorité est de garantir la sécurité et la santé des personnels. Les consignes sont donc claires : les déplacements, les réunions, les contacts doivent être limités ; le télétravail doit être prioritairement utilisé (…) La continuité pédagogique est assurée uniquement à distance (…) Lundi, les seuls personnels présents dans les établissements seront donc ceux dont la présence est indispensable ». Ceux-ci ne pourront être que des volontaires.

 

Monsieur Blanquer, nous ne sommes pas en vacances !

Beaucoup de collègues enseignant∙es se sont engagé∙es dans une forme de « continuité scolaire » pour garder le lien avec les élèves et leurs familles. Nous partageons avec plaisir la vidéo de Stéphane Bonnery, maître de conférences en science de l’éducation à l’Université Paris 8 sur les inégalités scolaires et sociale qui pourraient s’aggraver dans la période. Cela doit nous faire réfléchir en tant que personnels de l’Éducation Nationale. Cela doit continuer d’interroger nos pratiques pédagogiques sans culpabiliser.

Blanquer affirmait également que l’Éducation Nationale était prête pour la continuité pédagogique…
Dès le lundi 16 mars, l’ensemble des ENT et la plate-forme du CNED étaient inaccessibles tant leurs serveurs étaient sous-dimensionnés !

Rebelotte  mercredi 18 mars ! Comme le rapportait l’AFP, « le ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer, a laissé entendre mercredi [18 mars] que le calendrier scolaire pourrait être totalement bouleversé en fonction de l’évolution de l’épidémie de coronavirus (…) Interrogé pour savoir si l’année scolaire pourrait être prolongée et les congés d’été rabotés, il a affirmé que « tout est sur la table ». « Rien n’est impossible », a-t-il dit. »
Ces propos sont honteux. La FSU rappelle à Monsieur Blanquer qu’en ce moment les agent∙es de l’Éducation Nationale sont en activité ! Combien d’heures faudra-t-il, cette fois, pour que Blanquer soit démenti ????

La FSU de la Sarthe  a déjà reçu de nombreux témoignages sur les situations vécues dans les établissement ou écoles qui mettent au grand jour l’inconséquence de notre employeur : pression sur le volontariat, obligation d’être dans des écoles vides alors que rien ne le justifie, absence de désinfection, de gants, de masques, locaux non adaptés, non-implication parfois de la collectivité, difficultés à faire respecter les gestes barrière, etc
Ces fautes et manquements graves seront remontés à qui de droit afin d’exiger que les enseignant∙es et personnels volontaires de la Sarthe ne mettent pas en jeu leur santé en rendant ce nécessaire service. Il en va de la pérennité de cette solidarité.

Certains témoignages font état de fortes pressions individuelles exercées par certain-es représentant-es de la hiérarchie. Ces pressions non justifiées sont inacceptables : en plus d’être humainement source de souffrance professionnelle, elles sont totalement contre-productives. On est là loin de la communication ministérielle de Blanquer.

A contrario, là où la hiérarchie s’appuie sur la responsabilité et le professionnalisme des enseignant-es, la situation est gérée au mieux de ce qui peut l’être dans ce contexte. Cela ne permet pas de tout régler, mais au moins les enseignant-es ne se sentent pas méprisé-es, soupçonné-es de chercher par tous les moyens à fuir leurs responsabilités.

Les principes du New Management Public qui s’appliquent désormais dans tous les services associés à la situation de crise amplifie dans certains cas des comportements caractérisés par un autoritarisme débridé.

Du 12 au 15 mars, niant l’impréparation totale du ministère de l’Éducation Nationale, Blanquer et l’ensemble de l’institution, en contradiction avec les recommandations du gouvernement et plus particulièrement du ministère de la santé, ont semblé plus préoccupés par l’idée de « remettre au boulot » les personnels de l’Education Nationale que par la préservation de leur santé !
Mais aujourd’hui encore, alors que bon nombre d’enseignants se portent volontaires pour accueillir dans les écoles et les collèges les enfants des soignants, aucun matériel de protection n’est mis à leur disposition pour assurer la bonne santé de toutes et tous ! Contrairement aux recommandations du médecin conseil du rectorat, il n’y a toujours ni thermomètres, ni masques, ni gants pour protéger les enseignants qui font vivre les valeurs de solidarité avec les personnels des services publiques de santé dans la lutte contre l’épidémie, alors que d’autres professionnels en disposent (police nationale, gendarmerie, salarié∙es des grandes surfaces, etc.) ! C’est inacceptable !

Ce manque de considération est absolument inadmissible et les « remerciements » de notre ministre ne le font pas oublier.