Collectif « avenir travail social 72 »
APPEL A LA MOBILISATION
Le 17/03/2015 est la Journée Mondiale du Travail Social.

Dans un contexte de refonte de Diplôme d’Etat, le collectif « avenir travail social 72 » vous invite à le rejoindre avec vos sandwichs :

Le MARDI 17 MARS

De 12h à 14h

Devant la préfecture.

Apportez une photocopie de vos diplômes anonymés afin de les accrocher devant la préfecture en signe de refus de la disparition de nos spécialisations !

Une délégation du collectif demande à être reçue par le cabinet du préfet afin de transmettre notre position quand aux propositions de refonte des diplômes.

Venez nombreux pour ce moment convivial et important pour l’avenir de nos professions !

Le collectif « avenir travail social 72 » / Avec la participation de la FSU, de la CGT et de l’association nationale des assistants de service social

Lettre ouverte du Collectif Avenir Travail Social72

Depuis 20 ans, nous assistons à la montée des vulnérabilités et des inégalités et nous sommes dans un contexte de plus en plus précarisé. Dans cette situation, on n’a jamais autant sollicité les travailleurs sociaux, coincés entre les attentes politiques et institutionnelles, et celle des usagers. On leur demande de tenir les vielles promesses de l’Etat providence, non plus à travers des institutions, mais des dispositifs.

D’après la Commission Professionnelle Consultative (CPC), la formation des travailleurs sociaux serait aujourd’hui inadaptée pour répondre à la crise. Elle propose donc une ré-architecture des formations et des diplômes du social.

Le projet de ré-architecture des diplômes du social laisse supposer :

"-" La disparition des diplômes d’état (assistants sociaux, éducateurs spécialisés, éducateurs de jeunes enfants, conseillers en économie sociale et familial et éducateur technique spécialisé).

"-" Une formation commune à l’ensemble des travailleurs sociaux, réduite à deux ans.

"-" Un diplôme unique avec des options de spécialisations restrictives.
"-" Des stages courts qui ne se réalisent plus auprès des pairs.

Les conséquences de cette refondation :

"-" La perte des identités professionnelles par une uniformisation des différentes professions. Il est pourtant essentiel de préserver leur complémentarité pour apporter un regard croisé permettant de mieux comprendre et de mieux accompagner les personnes en difficulté.

"-" Une déqualification des professions. Les métiers sont uniformisés et standardisés. Les identités professionnelles disparaissent au profit de salariés ou agents devenus de simples exécutants. Le service rendu aux usagers n’est plus convenablement assuré.
"-" La disparition du code de déontologie (fondé sur la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme) et la fin du secret professionnel. Le secret professionnel est le garde-fou du respect de la vie privée des personnes et des familles. Cela permet qu’elles puissent se confier. Sans ce secret garanti de manière légale, les personnes n’auront plus la garantie d’une parole libre.

"-" Un détournement des conditions de gratification en réduisant la durée des stages.

"-" La réduction du temps de stage sur le terrain auprès des pairs, nuit à l’apprentissage de la relation d’aide et au travail d’accompagnement. Seule une formation en alternance avec des périodes de stages longs auprès de pairs permet cet apprentissage par un travail d’imprégnation et de maturation.

Une mise en danger de la démocratie

Christina de ROBERTIS a dit : « Les valeurs du travail social sont par essence les valeurs qui animent les sociétés démocratiques » in « Rapport du CSTS L’intervention sociale d’aide à la personne », Ed. Presses de l’EHESP, Paris, p.90.

Cette logique de refonte vide le travail social de sa portée humaniste en le réduisant à un geste technique et en occultant sa dimension éthique. Elle modifie radicalement les modes d’intervention des travailleurs sociaux avec le risque de les instrumentaliser au profit d’un contrôle social.

Le 28 Février 2015