Point de situation au 11 janvier 2021 :

Compte-rendu de la rencontre en audio-conférence avec la DASEN du mardi 12-01-2021

Ces entretiens, exclusivement centrés sur la gestion de la crise sanitaire, ne remplacent pas les instances officielles. Elles sont un point permettant une prise d’informations et des remontées de situations.

Étaient présent-es pour l’administration : Mme la DASEN, M. l’inspecteur adjoint, Mme la Secrétaire Générale, Mme la conseillère prévention départementale, Mme la Médecin de prévention ;

Etaient présent-es pour les représentant-es syndicaux-ales : Nelly COURSON, SNUEP-FSU et secrétaire du CSHCT-SD, Antoine CHAUVEL, SNUipp-FSU secrétaire suppléant et un représentant UNSA Education.

Point de situation par la Directrice Académique :

La progression de la positivité liée aux vacances se confirme avec un résultat de 35 hier contre zéro lundi dernier et une croissance régulière (mardi = 2, mercredi = 5, jeudi = 8 et vendredi = 10). La crainte de l’impact du variant oblige à ne pas relâcher la vigilance et à poursuivre les mesures barrières. En attente de la déclaration nationale du 20 janvier, les différents établissements scolaires gardent leur système de fonctionnement. Parallèlement, la campagne de tests commencée avant les vacances, se poursuit jusqu’aux vacances de février, dans un premier temps. Elle alterne l’agglomération mancelle et des zones rurales plus isolées, ciblées en fonction des indicateurs concernant la circulation du virus. Entre 20 et 30 % des personnels sont volontaires pour se faire tester. Même si les enseignants font partie des professionnels les moins touchés par la contamination et les jeunes moins porteurs de la nouvelle souche de virus, l’évolution de la situation reste observée de près de façon à préconiser les instructions adaptées.

Analyse de la FSU : Compte tenu de toutes les enquêtes internationales majoritairement concordantes il n’est plus possible d’affirmer que les enfants sont moins porteurs de la nouvelle souche du virus. Pas plus qu’ils sont moins contaminés ou moins contaminants, même si heureusement ils sont moins sujets aux formes graves. La première semaine de janvier, c’est dans la tranche d’âge des 0-9 ans que le nombre de cas positifs a le plus augmenté. Il faut donc en effet ne pas relâcher la vigilance. Par ailleurs, sur quels chiffres s’appuie l’administration pour affirmer que les enseignants font partie des catégories professionnelles les moins touchées? Là encore, la prudence s’impose : si une enquête française va dans ce sens, les enquêtes internationales dans des pays avec un protocole similaire montrent l’inverse. Ce qui nous renvoie à la question posée par la FSU dans une audience précédente sur les différences notables entre les chiffres du ministère et les chiffres de santé publique France pour laquelle nous n’avons pas reçu de réponse précise.

Questions :

Comment est prévu le réassort des masques qui doit avoir lieu prochainement ?

Les livraisons sont en cours, à raison de 6 masques par personne, ce qui emmènera jusqu’aux vacances d’été dans la mesure où les masques sont désormais lavables 50 fois. Ce ne sont pas les mêmes que les précédents.

Analyse de la FSU : C’est une bonne nouvelle car la durée de vie de la précédente livraison de masques lavables est arrivée à son terme. La FSU demande que la notice d’information de ces masques soit donnée aux personnels en même temps. Ils doivent être clairement informés sur ce matériel de protection individuel fourni par leur employeur.

Qui est chargé de l’achat et de la fourniture des masques chirurgicaux pour l’ensemble des personnels vulnérables dans les établissements scolaires du second degré ? Le réassort est-il de la compétence de l’EPLE ? Si oui, des consignes précises ont-elles été transmises ?

Les commandes ont été faites à partir des remontées d’établissements et la fourniture est ministérielle. L’emballage n’indique pas « masques chirurgicaux ». Cependant ils ont été vérifiés par les médecins de prévention : ils sont équivalents aux masques chirurgicaux filtrant à 98 % et peuvent être utilisés en toute la sécurité.

Analyse de la FSU : Nous vivons dans l’Union Européenne où il y a des normes précises à respecter concernant l’étiquetage des masques vendus au grand public: la norme CE doit être apposée sur le paquet, et la mention « masque chirurgical type II » doit être clairement mentionnée. Sinon ce n’est pas un masque « chirurgical de type II » (les associations de consommateurs alertent régulièrement sur ce probme). De nombreux personnels vulnérables de l’Éducation Nationale se sont inquiétés de ne pas voir mention de ces normes sur les paquets fournis par l’EN et une enquête plus approfondie a été menée par le Snuipp42, syndicat de la FSU. Une note d’information précisant clairement les choses a ainsi pu être publiée (lien : https://42.snuipp.fr/IMG/pdf/recherche_masques.pdf) . En raison de la forte demande, une dérogation a été octroyée par l’agence nationale de sécurité du médicament et les douanes pour commercialiser des masques aux normes chinoises (et non européennes). L’entreprise concernée a confirmé que ses masques n’étaient pas conformes à la norme chirurgical type II, même s’ils ont une bonne capacité de filtration (ce qui est heureux). Il n’est pas normal que ces informations ne soient pas données par notre employeur et il est inacceptable que ce matériel soit donné sans emballage ni notice en laissant penser qu’il correspond à une norme européenne. Les collègues vulnérables, qui prennent des risques en acceptant d’être en présentiel, ont le droit de connaître les caractéristiques des équipements de protection qui sont fournis par leur employeur.

La situation des masques d’élèves devient de plus en plus critique. Est-il prévu quelque chose au niveau académique, le port du masque défaillant chez les élèves mettant en danger les personnels ?

Rien n’est prévu pour les élèves, ce n’est pas de la compétence de la direction académique. Les circonscriptions ont eu un stock qui n’a pas forcément été utilisé, les écoles peuvent poser la question. Les mairies peuvent en outre être sollicitées pour fournir les écoles qui en auraient besoin.

Analyse de la FSU : Le fait que le Ministère n’ait pas prévu les masques élèves, alors que de leur port dépend en partie la santé des personnels, est un premier souci réel. Par ailleurs, le Ministère montre le peu de cas qu’il fait des enfants issu-es de famille des classes populaires. Le coût des masques pour ces familles représente un budget qui est parfois dur à assumer. Pour la FSU, la fourniture des masques des élèves comme des personnels aurait du relever du Ministère pour protéger les personnels et par souci d’égalité entre nos élèves.

Existe-t-il un calendrier précis de vaccinations pour les personnels en Sarthe ? Les personnels de l’Éducation Nationale seront-ils-elles sollicité-es ? Si oui comment ?

Pour l’instant, rien n’est prévu car les priorités sont les soignant-es et les personnes âgées. Aucune précision pour le moment sur les dates. Le sujet sera évoqué dès que les informations seront connues.

Analyse de la FSU : Il est inadmissible que notamment celles et ceux qui travaillent au côté d’élèves non masqué-es, personnel de cantine, professeur-es des écoles et AESH de maternelle ne soient pas prioritaires. La gestion erratique de la question vaccinale en France, à rebours de nos voisins européens, montre l’incompétence de l’exécutif dans la gestion de la crise sanitaire.

Où en sommes-nous de la campagne de tests ?

Le planning est établi en lien avec la médecine de prévention en tenant compte des indicateurs locaux de circulation du virus de l’ARS. 2 campagnes sont prévues par semaine, les mardi et vendredi. C’est en ce moment sur le lycée Touchard. Le rural sera traité à la même hauteur que l’agglomération. Il est rappelé que les enseignants sont prioritaires pour passer les tests PCR.

Analyse de la FSU : Cette campagne, bien que trop tardive, est une bonne chose. Il est dommage qu’une montée en puissance ne puisse avoir lieu. Les tests antigéniques sont recommandés pour les cas contacts et les personnes présentant des symptômes. La priorité donnée aux enseignants pour passer un test PCR est une bonne chose, mais un effort doit être fait pour que cette information soit mieux transmise aux intéressés.

Y-aura-t-il une consigne départementale claire et générale concernant le retour ou non du fonctionnement à plein effectif dans les lycées à partir du 20 janvier ?

Il n’y aura pas de retour à plein effectif le 20 janvier comme annoncé par le Ministre.

Analyse de la FSU : le ministère a annoncé qu’environ 69% des lycées publics fonctionnaient en demi-groupes, un peu plus de 30% en classe entière. Cette situation, dont le ministre est personnellement responsable pour avoir refusé d’imposer ses mesures au niveau national et en renvoyant la décision au local, génère des inégalités entre les candidats au bac. Il refuse de plus de repousser les épreuves de spécialité de mars et explique, alors que la troisième vague de la pandémie est là et que l’on parle à nouveau d’un reconfinement sévère, qu’il serait bon que les terminales reviennent en classe entière « pour réduire les inégalités » dont il est responsable. Mais une fois de plus aucune consigne claire n’a été donnée et nous naviguons à vu. Ce n’est pas acceptable, d’autant plus qu’en pleine phase d’augmentation du nombre de contaminations c’est faire peu de cas de la santé des personnels et des élèves. Ne parlons même pas du manque d’anticipation pour un éventuel changement dans les règles sanitaires des écoles et collèges ..

Quelle est la position académique concernant les portes ouvertes dont certaines sont prévues en Février ?

L’organisation est sous la responsabilité des chef-fes d’établissement et doivent se faire dans le cadre de la FaQ. L’évolution de la situation devra être prise en compte et il est probable que l’on se dirige vers des annulations.

Analyse de la FSU : Pour la FSU, ce qu’il faudrait, c’est une décision commune, prise par la DASEN, pour l’ensemble des EPLE. La « gestion locale » n’est pas de nature à rassurer les personnels et a déjà généré suffisamment de problèmes dans les lycées par exemple.

Les enseignant-es sont ils-elles concerné-es par le dispositif « arrêt de travail en ligne » annoncé ?

L’administration va poser la question à la CPAM concernant les salariés qui sont à la MGEN car il est vrai que cela ne figure pas dans la FaQ.

Analyse de la FSU : La FSU tiendra la profession informée des réponses de l’administration.

Quelles sont les consignes concernant les formations, réunions qui regroupent les personnes en présentiel.

Le nombre de personnes possibles en présentiel a changé sur la FaQ : c’est désormais le nombre de 6 qui est recommandé. Il a donc été fait le choix de reporter ou de distancier au maximum. Cela vaut pour les formations, les réunions (Conseil Ecole Collège) ou tout autre évènement. Les inspecteurs ont été informés.

Tout ce qui est entre 6 et 10 (les constellations notamment) est pour le moment maintenu mais c’est provisoire et pourra être révisé y compris dès cette semaine.

Analyse de la FSU : La FSU regrette la décision qui, en pleine période de reprise, permet le présentiel au-delà de la recommandation de la FaQ. Nous espérons qu’un retour aux recommandations arrivera au plus vite.

Le lundi de la rentrée, grand froid dans plusieurs collèges sarthois et le collège de Pontvallain a dû fermer. Comment expliquer cela ? Qui gère ? Est-il raisonnable de faire travailler élèves et personnels dans de telles conditions ?

La panne est une problématique qu’on ne peut anticiper : c’est le principe de tout bâti, le risque zéro n’existe pas. Les chauffages ont été très sollicités vu l’épisode de grand froid. La maintenance dépend des collectivités territoriales. Le conseil départemental est très attentif et l’analyse de ce qui s’est passé à Pontvalain va avoir des répercussions à l’échelle départementale pour aller vers une amélioration générale. Les décisions ont été adaptées aux situations.

Analyse de la FSU : Il faut rappeler que s’il existe des normes thermiques pour les EPLE, celles qui concernent les températures basses ne sont pas contraignantes puisqu’elles ne concernent que les locaux inoccupés. Ce problème doit être résolu dans les meilleurs délais car il n’est pas normal que des cours puissent avoir lieu dans des salles où la température a pu descendre en dessous de 15°C. D’autant plus qu’avec le protocole sanitaire il est obligatoire d’aérer les salles.

Les difficultés à gestion du calendrier de la DSDEN oblige au report du groupe de travail sur les risques psychosociaux et au report du prochain CHSCT-SD après les vacances de février. Ce dernier sera prévu après le CHSCT académique afin de prendre en compte les orientations académiques et décider leur déclinaisons à l’échelle départementale.

Compte-rendu de la rencontre en audio-conférence du mardi 15/12/2020

Ces entretiens, exclusivement centrés sur la gestion de la crise sanitaire, ne remplacent pas les instances officielles. Elles sont un point permettant une prise d’informations et des remontées de situations.

Étaient présent-es pour l’administration : Mme la DASEN, Mme la responsable du pôle SST, Mme la conseillère prévention départementale, Mme le médecin de prévention, M. l’inspecteur (GUIET)

Etaient présent-es pour les représentant-es syndicaux-ales :  Nelly COURSON secrétaire du CSHCT-SD SNUEP, Sophie Pereira SNES-FSU et un représentant UNSA Education.

Point sur la situation sanitaire :

Concernant la région Pays de la Loire, avec un taux d’incidence global de 133 (contre 97 dans le 53, 90 dans le 49, 54 dans le 85 et 51 dans le 44) et un taux de positivité de 7,4 (contre 6.8 dans le 53, 6,3 dans le 49 3,7 dans le 85 et 4,1 dans le 44), la Sarthe est le département où la situation sanitaire est la plus dégradée. Elle se situe sur un plateau, certes meilleur qu’à certains moments, malgré tout, la tendance n’est pas à la baisse continue. Le nombre de cas positifs dans l’Éducation nationale, est variable avec 22 cas lundi, 9 mardi, 1 mercredi, 14 jeudi, 9 vendredi et 18 hier. Le Mans Métropole constitue la zone la plus touchée.

Une campagne de tests antigéniques a été menée sur la commune de Sablé et n’a révélé aucun cas positifs. Elle a été complètement prise en charge par le SDIS avec deux infirmières de la communes et  a concerné potentiellement cinq cents personnes.  Cette campagne a été organisée à Sablé pour les établissements de la commune (un lycée, deux collèges, cinq écoles du public, un lycée, un collège et une école du privé ainsi qu’un lycée agricole). La prise en charge par le SDIS la première journée a constitué un terrain d’entraînement permettant aux deux infirmières de la commune d’organiser entièrement la deuxième journée. Le SDIS a organisé, dans ses locaux, deux formations, portant à la fois sur l’installation d’un stand ainsi que sur l’usage des tests et l’interprétation des résultats. 

Une autre campagne de tests antigéniques, entièrement prise en charge par l’Éducation nationale, s’est déroulée aujourd’hui au lycée Le Mans Sud, pour répondre à l’anxiété du personnel. La suivante aura lieu jeudi à Conlie, ville choisie de par la densité moyenne de sa population et parce qu’avec Sillé le Guillaume elle est fortement impactée par la circulation du virus. A la rentrée de janvier, les campagnes de tests vont se poursuivre grâce aux dons du Ministère en tests et équipements correspondants et ils concerneront l’ensemble des personnels, même ceux des collectivités.   

Analyse de la FSU : d’après les sources de la FSU, ce sont 80 personnes qui ont été testées sur les 500 potentielles, par deux infirmières scolaires volontaires. Le premier jour elles étaient accompagnées par le SDIS, le lendemain elles étaient seules. Notre analyse c’est que 80 testé-e-s sur 500, quelles qu’en soient les raisons de faisabilité (mise à disposition d’infirmières en nombre insuffisant par exemple) ou de non volonté des personnels (chacun-e pouvait refuser de s’inscrire), 80/500 constitue un faible taux de test. Cela relativise l’absence de cas covid détectés.

Questions d’introduction

Nous nous interrogeons sur les annonces d’une tolérance quant aux absences des élèves jeudi et vendredi. Cela reviendrait-il à admettre que les établissements scolaires jouent un rôle dans la circulation du virus? La tolérance couvre-t-elle les personnels et les établissements. Est-ce que ça ne mériterait pas la fermeture d’établissements déjà impactés fortement du point de vue sanitaire (le lycée Sud par exemple) ?

Réponse:

Pour l’heure la DSDEN n’a reçu aucune information officielle. Les recteurs vont probablement demander des consignes au ministère qui va ensuite donner la marche à suivre. A priori cela va surtout concerner le second degré car dans le premier degré les parents qui travaillent auront plus de difficultés pour trouver des solutions de garde. Cela peut entraîner des perturbations car traditionnellement dans les établissements du second degré des activités sont souvent prévues avant les vacances de Noël (la DSDEN avait d’ailleurs hésiter à organiser des tests antigéniques à Conlie jeudi pour cette raison). 

Analyse de la FSU : Pour la FSU, ce que prouve cette décision c’est que, contrairement à la parole portée depuis des mois par l’institution, les établissements scolaires ne sont pas sûrs, à tout le moins pas aussi sûrs qu’elle veut le faire croire. Après le mensonge sur les chiffres réels de contaminations, révélés notamment par les services de « fact-checking » de Libération, cette annonce renforce la défiance et l’exaspération des collègues auprès de l’institution pour au moins trois raisons :

tout d’abord, qui et que croire ? Après l’épisode des masques inutiles puis finalement nécessaires, cet épisode sème une confusion bien compréhensible. Finalement les protocoles sont-ils suffisant ? Les personnels se contaminent- ils·elles sur leur lieu de travail ? Autant de questions légitimes pour lesquelles il faudra bien que des réponses soit obtenues.

Ensuite, quel mépris pour notre profession! L’idée d’une « école à la carte » est une négation totale de tous les professionnalismes qui s’y exercent, n’en déplaise au Ministre. S’il nous considère comme une simple garderie, autant le formuler clairement.

Enfin quel manque de respect pour l’institution publique qu’est l’école. Quel autre Ministre a déjà verbalisé de la sorte l’idée d’une école « facultative » ? La réponse est simple : aucun·e. Pourtant c’est bien l’école publique qui permet de lutter, avec le peu du moyens qu’on lui alloue, contre les déterminismes sociaux, territoriaux… Mais l’idée d’une école qui lutte contre les inégalités est à des années-lumières de ce que porte Blanquer. Dont acte.

Quelles seront les mesures que les personnels devront prendre lorsqu’ils vont constater que les parents n’auront pas envoyé leurs enfants dans les établissements scolaires cette semaine?

Réponse:

Pour l’heure pas assez d’informations pour répondre précisément à cette question (voir question précédente). 

Analyse de la FSU : Après une annonce par médias interposés, même la DSDEN n’est pas au courant des démarches à suivre ! Un Ministre de communication qui improvise en méprisant les personnels, y compris ses propres cadres : voilà ce qu’est notre Ministre ! Il est fait peu de cas de la réalité de terrain, les collègues qui avaient déjà préparé leurs dernières journées et doivent recommencer, ni de la souffrance que cela engendre.

En un mot : INADMISSIBLE !

Situations d’établissements

Lycée Sud

Y-a-t’il eu des contaminations internes au lycée ? 

Sachant qu’il y a un cluster chez les agent·es du lycée, qui va assurer la désinfection des locaux, en particulier du bâtiment A où doit travailler la proviseure adjointe de Touchard envoyée en renfort ?

Pourquoi les tests ne s’appliquent  pas à tous, personnels mais aussi élèves ?

Pourquoi le service de restauration est-il maintenu dans un tel contexte sachant qu’il y aura peut-être un manque de personnel pour assurer le protocole strict mis en place au réfectoire?

Y aura-t-il, compte tenu de la situation, un renforcement du protocole sanitaire au lycée Sud ?  

Réponse:

Une contamination interne est impossible à dépister. Un cluster entraîne un risque de contamination plus grand, ce qui nécessite de le prendre au sérieux. Les contaminations internes ne déterminent pas les clusters, mais plutôt le nombre de personnes contaminées, dans un lieu donné et sur un temps déterminé. Les enquêtes trouvent le plus souvent les sources de contamination. 

Le service de restauration répond aux conditions du protocole car il ne manque pas de personnel et le nombre d’élèves a diminué avec l’allègement des effectifs au lycée général. Les locaux du bâtiment A sont restés vides longtemps et ils ont été aérés, donc pas de problème de désinfection. Il n’a pas été jugé nécessaire de renforcer le protocole sanitaire. 

La décision de proposer des tests à destination de tout le monde, personnels et élèves, ne peut être prise que par le préfet. Dans ce cas c’est l’ARS qui prend en charge les tests. La DSDEN ne teste que les personnels de l’Éducation nationale. En lien avec le préfet, elle privilégie les établissements des communes très touchées par l’épidémie ou établit un planning selon d’autres critères. 

Au LPO Le Mans Sud, la classe de carrosserie dans laquelle un cluster avait été repéré est à nouveau ouverte, sauf pour trois élèves qui sont en attente de faire le test. Côté administratif, l’équipe de direction va reprendre progressivement le travail et ce, dès demain pour la proviseure. La reconnaissance de cas contacts pour plusieurs personnes dont trois CPE a été très discutée avec l’ARS et finalement décidée sur l’insistance du DR BELLION.   La DSDEN a été à l’initiative d’un courrier qui suggérait une fermeture potentielle, anticipant une décision éventuelle du Préfet. Cependant, le nombre de cas positifs par rapport à l’effectif total de 2100 personnes dit “taux d’attaque” a été jugé mineur d’où la décision de l’ARS de maintenir l’établissement ouvert. Du renfort a alors dû être déployé. Une  proviseure adjointe du lycée Touchard a assuré une présence physique et a travaillé en lien avec l’équipe de direction qui était en télétravail et les personnels de l’établissement. Par ailleurs, une équipe mobile de sécurité de la DSDEN a été dépêchée sur place notamment sur le pôle administratif.  Le recrutement en urgence de personnels AED complémentaires et l’augmentation de la durée de service des personnels AED présents  ont complété le dispositif. L’emploi d’AED supplémentaires constitue un moyen temporaire. Il s’effectue en cherchant dans le vivier des lycées environnants et il est pris en charge grâce à la dotation spécifique COVID, Mme la DASEN accompagnée de l’équipe DSDEN avec le DR BELION et l’ARS se sont rendus sur les lieux pour rencontrer les enseignants et organiser la campagne de tests qui a eu lieu aujourd’hui. 

Face à la polémique concernant la diffusion de l’information sur la  fermeture de la classe de Carrosserie par voie de presse plutôt que par l’équipe de direction, Mme la DASEN explique le concours de circonstances qui suit. L’ARS a proposé la fermeture de la classe de carrosserie du LP au Préfet. Afin d’assurer leur sécurité, la cellule COVID a déclaré que tous les membres de la classe étaient considérés cas contacts et donc devaient s’isoler tout de suite chez eux. Les service de l’EN ne pouvaient pas parler de “fermeture” tant que l’arrêté n’était pas signé par le Préfet, mais comme les personnels et élèves étaient isolé·es le plus important avait été fait. Or le jour de la signature, le préfet avait une conférence de presse et il a évoqué sa décision. De fait, la presse a relayé le lendemain l’information.

Analyse de la FSU :

La formule “pour répondre à l’anxiété du personnel” donne l’impression d’une faveur qu’il fallait accorder pour calmer de grands agités. Or les médecins qu’ont rencontré les collègues leur ont expliqué qu’ils-elles étaient bel et bien dans un cluster et que cette campagne de tests était nécessaire pour casser les éventuels chaînes de contamination. Ils les ont d’ailleurs remercié-e-s d’y avoir participé en masse (104 testés sur un peu plus de 200 membres du personnel). Il s’agissait donc d’une mesure de santé publique et non d’une calinothérapie. Sur les 104 tests pratiqués pas un n’était semble-t-il positif. Concernant la restauration les effectifs sont passés de 1800 DP à 1400. La “décrue” n’est donc pas énorme du fait que les voies pro et technologiques ne sont pas passé au système “hybride”, pas plus que les BTS. Par ailleurs, les locaux du bâtiment A ne sont pas restés vide si longtemps que cela puisqu’un adjoint a officié retranché dans son bureau jusqu’au vendredi. Sur la question de la méditisation : vouloir réserver la primeur de l’info à M. le préfet est une chose, mais, en attendant, quand la presse a communiqué sur le sujet, cela faisait au moins une semaine que cette classe était fermée. Certains collègues l’ont effectivement appris en lisant le journal et ce fut un choc et une inquiétude car le nom de la classe ne figurait pas. Il ressort de tout cela une impression de “culture du secret” infantilisante et absolument contreproductive en terme de sérénité au travail. La DASEN a suggéré en réunion que sa position était de fermer le lycée. Il aurait été possible de le passer en télétravail quelques jours. L’ARS a été en désaccord et a emporté la décision. Cela pose de fait une subordination problématique de l’Éducation Nationale à l’ARS. Pourtant, l’expertise de terrain est bien plus celle de l’institution scolaire que celle de l’ARS, centrée sur le seul aspect sanitaire. Alors que l’administration du lycée était à l’isolement, alors qu’il ne restait que quelques jours avant la fin de la période scolaire, il est choquant que la plus haute précaution, évaluée nécessaire par l’administration scolaire départementale, ne soit pas celle prise. La décision de l’ARS a entraîné le déshabillage en AED d’autres établissements voisins. Au lieu d’embaucher du personnel, l’équipe mobile s’avérant insuffisante, on a pris des AED sur d’autres établissements qui ont du fonctionner en mode dégradé. Tout cela est d’autant plus absurde que le Ministre annonçait mardi, à la surprise générale (y compris celle de la DASEN en audience), l’école facultative à des fins de confinement, reconnaissant tacitement la contamination scolaire.

 

Collège Robert Desnos

Alors  que deux cas Covid sont avérés parmi les personnels (une enseignante, une secrétaire de direction), ces dernier·es se  plaignent de la non-application du protocole par les personnels de direction à savoir notamment le port du masque. Pourriez vous nous assurer qu’un rappel sur le caractère obligatoire du protocole et de ce point en particulier sera bien effectué ?

Réponse:

Le principal du collège DESNOS et son adjoint, identifiés cas contacts, ont repris leur fonction après un test négatif. Le chef d’établissement réfute vigoureusement l’accusation qui lui est adressée de considérer les mesures barrières avec légèreté. Il est rappelé que le port du masque n’est pas obligatoire pour celle ou celui qui travaille seul·e dans son bureau. 

Analyse de la FSU : Le principal réfute ce que nos collègues constatent. Nous veillerons à ce que le protocole soit effectivement respecté et suivons le dossier avec attention.

Dans ce contexte où, à tout le moins, les esprits sont très troublés, est-il opportun d’organiser lundi soir et mardi soir des rencontres parents/professeurs ?

Réponse:

Les chefs d’établissements sont conscients du contexte et responsables. La discussion sur la tenue et l’organisation de telles rencontres doit se faire au sein de l’établissement. Si les règles de distanciation peuvent être appliquées, il n’y a pas de raison pour qu’elles n’aient pas lieu. La DASEN a réitéré sa confiance dans les chefs d’établissement. On ne peut pas empêcher dans le contexte actuel que des personnes soient inquiètes, anxieuses. Il faut en parler localement et échanger.

La période est très difficile et les personnels sont inquiets parce que l’espoir de voir l’épidémie s’éloigner a été brutalement stoppé par les indicateurs qui ne baissent pas. En plus, les enfants n’ont pas une vie totalement normale ce qui provoque aussi chez eux des attitudes provoquant des tensions avec même quelques évènements graves dans certains établissements plus nombreux que d’habitude. En plus de ces quelques actes graves, on observe des incivilités, des bousculades ce qui est ressenti de façon exacerbé et nécessite une vigilance accrue. On ne peut pas laisser de côté le fait que l’on se pose aussi la question de savoir si l’on est ou non contaminé. Dans les établissements certaines personnes réagissent bien, mais d’autres sont très fragiles. Ces situations s’imposent à nous et nous espérons un retour à la normale pour tous. 

Analyse de la FSU : Nous prenons acte, en distanciel, de la réponse. Effectivement le besoin de « se voir » est de plus en plus ressenti comme une nécessité tout comme l’inquiétude légitime des personnels. La FSU se tient à disposition des collègues pour répondre à leurs questionnements et les soutenir lorsqu’ils vivent des injonctions contraires à leur éthique. Nous saluons la proposition d’en parler localement et d’échanger. Mais nous constatons un manque d’instances réelles pour pratiquer ces échanges et ces « accordages de terrain », et nous constations aussi des fonctionnements pas partout partagés au sein des équipes, qui créent des tensions. En tous cas, pour la FSU, ce n’est pas aux directions de décider seules et de faire œuvre de « pédagogie » pour rassurer. C’est au équipes de décider collectivement des choix les plus judicieux à faire sur le terrain dans le respect des approches singulières de chacun-e, accompagnées en cela par les hiérarchies.

Lycée André Malraux 

Dans le contexte sanitaire sarthois et alors que tous les chiffres font état d’une montée des contaminations dans les établissements scolaires; est-il opportun, comme l’a décidé le chef d’établissement du lycée André Malraux, d’un retour à un fonctionnement en classes entières ? Contrairement à ce qui semble avancé, cette demande n’est pas une demande majoritaire des enseignant·es.

Réponse:

La proposition de dédoubler les classes en lycée n’est qu’une proposition. Les chefs d’établissements voulant le faire doivent faire remonter leur projet au recteur qui le valide. Ce n’est pas une obligation et cela relève de la responsabilité du chef d’établissement. Tout dépend aussi des effectifs. Au lycée Malraux il y a de mémoire des groupes à petits effectifs. C’est au chef d’établissement du lycée d’en discuter en interne avec les personnels. 

Analyse de la FSU : Ce que révèle ce type de décision c’est qu’il faut des temps de concertation entre les équipes de direction et les personnels pour permettre des solutions à la fois adaptées à la réalité de terrain, respectueuses des préconisations institutionnelles et rassurantes du point de vue sanitaire pour les personnels. La FSU regrette que cela ne soit pas la règle défendue par l’institution qui choisit un modèle descendant d’imposition qui, dans ce contexte, ne peut être que source de tensions.

Questions premier degré

La délégation fait part de deux situations d’écoles sur Le Mans. De façon générale les situations d’enfants violents se multiplient, probablement en lien avec le confinement, la situation sanitaire. Le constatez vous de votre côté?

Ces enfants nécessitent un suivi particulier de plusieurs institutions différentes. Ils ont besoin d’être aidés, protégés?  Comment l’administration compte-t-elle répondre à ces détresses d’élèves et d’adultes?

Réponse:

L’augmentation des violences par des enfants au profil particulier dans les écoles n’est pas liée au contexte sanitaire actuel. Tout d’abord ces cas sont mieux recensés car les écoles en parlent davantage. Ensuite on constate cette augmentation des violences au niveau national.  La DASEN l’a elle-même constaté dans le département où elle était en poste avant la Sarthe. Ces situations sont souvent découvertes très tard par la DSDEN alors qu’elles sont déjà bien avancées.

C’est la raison pour laquelle il a été décidé  de mettre en place des postes de maîtres G.

Pour cette question, la DSDEN travaille sur plusieurs volets.  C’est la Dasen, madame Poirier et Monsieur Guiet qui sont chargés du dossier. Ils travaillent avec des associations spécialisées, la MDPH et l’ARS. Dans le département il n’y a pas de structure de décision rapide opérationnelles pour l’instant mais elles sont en train de se mettre en place en particulier depuis cette année. lorsqu’un cas est signalé il y a de multiples réunions avec la dsden puis une équipe mobile d’appuis est là pour prendre le relais de l’Éducation nationale sur certaines situations. 

Lorsque la famille refuse de coopérer, le procureur, puis le juge pour enfants, sont saisis. Madame Poirier fait en sorte dans ce cas que les établissements spécialisés mettent à disposition une place pour accueillir l’enfant posant problème une fois la décision de justice prise. 

Cette démarche est suivie lorsque l’on connaît la situation, mais elle prend du temps. Il faut d’abord établir un diagnostic de la DSDEN qui peut être complété par celui de l’équipe mobile d’appui et d’accompagnement (diagnostic spécialisé). 

Pour l’école (), un contact a été pris: CPC-ASH, observation de l’enfant en classe, contact avec l’équipe mobile,  l’IEN est intervenu sur place et les RASED…. Malheureusement il a fallu tout de même appeler le 15; l’enfant a été hospitalisé. Il faut savoir que ni l’IEN, ni la DASEN n’ont le droit de déscolariser un enfant. La famille peut entamer un recours dans ce cas. Suite à l’hospitalisation de l’enfant des décisions ont été prises. Dès la rentrée de janvier il sera pris en charge par le Service d’intervention thérapeutique éducative de proximité (SITEP). La suite sera décidée selon sa manière de réagir en lien avec la DSDEN et les services spécialisés. La famille aussi va être suivie suite à plusieurs IP.  Elle est d’accord (ce n’est pas toujours le cas). Le temps d’école de l’enfant sera calibré selon ce qu’il peut faire;  le reste du temps il ne sera pas à la maison mais sera suivi par une autre structure. La famille n’a pas vraiment le choix: si elle refuse de coopérer, la situation sera remise entre les mains de la procureure qui est très déterminée. 

La Dasen a signalé une autre situation à la procureure.  La MDPH a fait remarquer que la famille n’était pas d’accord, qu’il fallait du temps, mais la situation avait beaucoup trop traîné. La DASEN a saisi la procureure. 

Il ne faut pas attendre pour signaler un problème avec un enfant violent. Désormais l’ARS soutient la DSDEN, c’est ce qui manquait.

Pour l’accompagnement des enseignant·es et des personnels, ce sont les maîtres G qui peuvent aider l’équipe à comprendre la situation et faire des propositions pour la gérer.  Dans ces situations, beaucoup d’enseignants se remettent en cause, il ne faut pas. Les maîtres G peuvent les aider à mettre en place des méthodes, des modes de fonctionnement adaptés à ces enfants à besoins particuliers. Ils peuvent aussi établir un diagnostic  allant jusqu’au signalement si besoin. Ce diagnostic est fondamental pour l’équipe mobile. 

Analyse de la FSU :

La DASEN est bien affirmative quand elle exclut la crise sanitaire comme cause possible de la montée de phénomènes de violence. Si elle devait avoir raison, il serait d’autant plus inexplicable qu’il n’y ait pas déjà « de structure de décision rapide opérationnelle ». Pour la FSU, ce ne sont pas des cellules centralisées qui apporteront une quelconque réponse. La hiérarchie peine à faire remonter l’information, car un-e inspecteur-trice est toujours réticent-e- à faire remonter « des vagues ». Ce qui se constate dans les écoles ce sont, de la part des IEN, des non réponses, des réponses différées, tardives. Les écrits, rassurants, structurants, sont systématiquement absents. Lorsqu’une réponse arrive c’est au téléphone. Les IEN eux-elles mêmes sont dans l’impuissance. Ce qui devrait se développer, au lieu de logiques de cellules départementales, ce sont des équipes d’école comprenant, en plus de l’équipe pédagogique, d’autres corps de métier de la santé, du social, et bien sûr, de nouveau, les plus de maîtres que de classes. Fixer sur des logiques de cellule de crise les maîtres et maîtresses G est un non sens, car le travail de fond qui ne se réalise plus alors contribue à l’aggravation de la situation globale à moyenne échéance. C’est, par ailleurs et contrairement à ce qui nous avait été affirmé, un changement fondamental des missions où l’on passe de personnel de remédiation sur des temps longs à des “pompier·es” agissant dans l’urgence. Revenir à un cercle vertueux supposerait de réinvestir fortement sur la prévention, et d’affecter sur les gestions de crise d’autres acteur-trices, formés à cela.

Les syndicats sont-ils invités demain au groupe de travail avec les directeurs et directrices d’école?

Réponse:

Les syndicats ne sont pas invités à ce groupe de travail. Le point de vue et les positions des syndicats sont connus grâce à leurs interventions dans les instances où ils siègent au niveau national. Au niveau départemental le groupe de travail a pour objectif de connaître le point de vue des directeurs et directrices “ordinaires”, pas forcément syndiqués. 

Analyse de la FSU : Les directions ordinaires ne seraient donc pas syndiquées? Ou encore les directions syndiquées ne seraient pas ordinaires? Comment faut-il comprendre cette distinction? La réponse de la DASEN témoigne d’une grande confusion entre « positions nationales » et pragmatisme. Au delà de positions, la direction va très mal. Le terrain est le même que la direction soit syndiquée ou non. Ce qui devrait présider à la prise en charge sérieuse du problème, c’est l’accès à la vérité, sans filtre, qui se vit. Donc sortir des logiques de carrière, de subordination, qui empêchent depuis si longtemps l’expression des besoins réels. En choisissant des directeurs-directrices précisément non syndiqué-e-s, l’administration se protège. Quelle liberté de parole auront ces 6 collègues choisi-e-s. Quelle capacité à porter autre chose que leur point de vue auront-ils-elles? Intégrer ce type de groupe de travail, sans collectif de soutien que sont des syndicats, des mouvements pédagogiques, des associations, place mécaniquement les participant-e-s du côté de la hiérarchie, dans un conflit de loyauté avec l’institution dès lors qu’ils expriment un problème. Tout est réuni pour qu’il en sorte une confirmation de l’existant. L’exclusion des « syndicats représentatifs » d’un groupe de travail sur l’évolution de la direction des écoles est un signe de mépris à l’égard des personnels. Il est à noter que ce choix, qui appartient à la DASEN, est minoritaire nationalement, la majorité de ses homologues invitant les organisations syndicales à s’asseoir autour de la table. Il est regrettable, quand on sait la difficulté des directions, que ce soit une position idéologique à priori qui l’emporte en Sarthe, quand ailleurs un pragmatisme prévaut.

Certaines écoles semblent manquer de remplaçants alors qu’ailleurs des enseignants sont disponibles. Qu’en est-il?

Réponse:

Il y a probablement eu des problèmes de transmission d’information ou des cas particuliers: si dans une école rurale il y a des classes à 11 élèves et que l’absence d’un enseignant entraîne un regroupement de classe à 22 élèves (par exemple) il ne sera pas remplacé. 

Analyse de la FSU : Ce défaut de gestion, qui pose de nombreux soucis pour les écoles concernées, vient surtout de la surcharge de travail dans les différents services de la DSDEN fortement impactés par les suppressions de postes depuis trop longtemps. Le recrutement de personnels dans le cadre d’un plan d’urgence pour l’école ne doit pas se limiter aux recrutements de professeur·es.

Questions Tous degrés :

Suite au changement de décret prévisible sur les personnes vulnérables, les certificats médicaux d’isolement devront être renouvelés. Dans la situation où le décret paraîtrait début janvier, vu la difficulté pour consulter les médecins en cette période, les personnels vulnérables auront-ils-elles une tolérance, un délai, une souplesse, pour avoir le temps de consulter un médecin et faire ce nouveau certificat?

Réponse :

La DASEN n’est pas encore au courant de cette modification du décret. Il faut attendre qu’il soit officiellement modifié et promulgué, que la foire aux questions soit mise à jour, pour en connaître les modalités de mise en place.  

Analyse de la FSU : est-il besoin que le décret soit promulgué pour répondre à l’hypothèse proposée ? Elle est réaliste, circonstanciée. Pourquoi l’autorité locale ne donne pas une réponse rassurante à cette hypothèse, elle qui sait que la Sarthe se distingue par un désert médical particulièrement problématique? A une question qui interroge une adaptation locale, la DASEN répond FAQ et réponse nationale… L’adaptation au terrain, l’humanisation des relations, tout cela n’est pas en bonne voie.

Combien de contractuel·les ont-ils été embauché·es en renfort en Sarthe pour faire face à la crise du COVID?

Réponse:

Le rectorat a donné la possibilité d’embaucher 40 contractuel·les pour faire face à une demande accrue vue la situation sanitaire, mais peu se sont présenté·es. A l’heure actuelle il y en a six qui ont terminé la procédure administrative nécessaire à leur embauche (ils ont eu un entretien, ont fourni des certificats médicaux, ont reçu une formation…). L’embauche d’un·e septième contractuel·le est en cours, elle devrait être effective en janvier. Il n’y aura probablement pas d’autres contractuel·les engagé·es au titre des renforts pour faire face à la situation sanitaire.

Analyse de la FSU : Proposer des CDD de trois mois à des personnes avec au minimum bac +3 relevait de la gageure. La difficulté à recruter des contractuel·les prouve à quel point notre métier est déconsidéré, déclassé et son exercice compliqué. Cela devrait servir de leçon pour revaloriser nos salaires, améliorer nos conditions de travail…

Quels dispositifs sont envisagés pour aider les personnels à faire valoir l’imputabilité au service en cas de contamination ?

Réponse :

Il n’y a pas de retour en arrière sur la situation des personnels contaminé·es. Lorsqu’ils·elles sont testé·es positif·ives, une enquête est faite et la personne source est connue. On sait s’il y a eu une contamination interne ou non et ils·elles sont tout de suite averti·es. Si la contamination sur le lieu de travail est avérée, l’enquête le dira. Il n’y aura pas de recours possible a posteriori. Dans le cas de personnels ayant eu des formes graves mais pas imputables au services (les formes bénignes ne sont pas prises en compte), les personnes sont suivies pendant plusieurs mois et ont un dossier spécifique à la CPAM.

Analyse de la FSU : Les récentes décisions ministérielles vont dans le sens d’une École qui ne protège pas suffisamment élèves et personnels. Depuis le début de la crise sanitaire, la FSU alerte sur les possibles contaminations dans l’exercice des fonctions. La reconnaissance de contamination sur le lieu de travail, et la prise en charge en tant que maladie professionnelle est un enjeu essentiel en terme de droits pour les salarié·es. La FSU continuera à intervenir pour que ce soit le cas. Mais force est de constater que c’est aux collègues seul-e-s de prévoir et d’anticiper sur des éléments de preuve (tests, témoignages, examens médicaux… à apporter à l’enquête), l’administration se plaçant ouvertement dans l’indifférence quant à l’aide apportée aux professionnels pour faire reconnaître leurs droits.

 

 

 

 

Point de situation sanitaire au Mardi 1 décembre 2020

Ces entretiens, exclusivement centrés sur la gestion de la crise sanitaire, ne remplacent pas les instances officielles. Elles sont un point permettant une prise d’informations et des remontées de situations.

Étaient présent-es pour l’administration : Mme la DASEN, et des membres de l’administration.

Etaient présent-es pour les représentant-es syndicaux-ales : Nelly COURSON FSU secrétaire du CSHCT-SD, Sophie PEREIRA FSU et un représentant UNSA Education.

Présentation de la situation sanitaire en Sarthe:

Il y a eu une baisse significative des cas signalés en Sarthe cette semaine. La situation des contaminations grand public, hors EPAHD, s’améliore doucement (c’est celle prise en compte comme référence pour analyser le niveau de contamination dans l’Éducation nationale). 14 cas positifs ont été signalés dans les établissements scolaires lundi alors qu’à la mi-novembre, on pouvait en compter 40 à 50. Il n’y a pas eu de contaminations en interne dans les établissements scolaires, les contaminations sont toutes venues de l’extérieur.
Compte tenu de la situation, la cellule Covid va réduire sa taille.
Il n’y a pas de classes fermées en ce moment, peu de cas positifs ont été signalés (souvent des personnes déjà absentes depuis plusieurs jours), il y a peu de cas-contacts et pas de clusters.

Pour la FSU: La baisse des cas recensés est une bonne nouvelle. Il faudra cependant attendre encore quelques jours pour voir si elle se confirme après l’allègement des mesures de confinement avec l’ouverture des commerces à partir du week-end dernier. Par ailleurs, l’affirmation selon laquelle il n’y aurait eu aucune contamination en interne interroge. Si pour les cas contacts, on peut avoir une information assez fiable sur l’origine de leur contamination ; c’est en revanche particulièrement difficile dans le cas des personnes qui ont fait un test de leur propre chef et se révèlent positives au Covid. C’est une question importante pour la reconnaissance du Covid comme maladie professionnelle.

Premier degré : 

  • Quand les contractuel.l.es remplaçant les absences liées à la covid pour raisons sanitaires arrivent-ils? Quelle formation est prévue ?

Le recrutement des contractuel.le.s  et leur prise de fonction se fera le plus rapidement possible compte tenu des formalités administratives obligatoires. Le public reçu en entretien est composé essentiellement de titulaires d’un master 2 MEEF en enseignement du premier et du second degré, comme les enseignant.e.s stagiaires. Après un point d’accueil, une formation sera assurée par des conseiller.e.s pédagogiques.

Pour la FSU:  l’accueil et la formation des contractuel.le.s sont essentiels pour favoriser leur intégration dans les établissements et faciliter leur prise en charge des élèves. Il est positif que les contractuel.le.s soient prioritairement recruté.e.s parmi des personnes qui ont déjà une formation dans le domaine de l’éducation mais il n’en demeure pas moins qu’il est essentiel de les former au terrain, en particulier pour ceux dont c’est la première mission.

  • Peut-on avoir un état des lieux sur la vacance des postes qui justifie pour trois mois le recrutement temporaire important de 40 contractuels. Quelle est la part liée à la Covid dans la vacance actuelle de postes ? La part structurelle ? 

Le nombre de postes vacants liés à la situation sanitaire est moins important actuellement que lors du premier confinement. Plusieurs personnes vulnérables ont repris un travail en présentiel avec port du masque, ce qui réduit le nombre d’enseignants à remplacer. Les projets de recrutement de contractuel.le.s en Sarthe pour faire face aux besoins liés à la crise sanitaire ont été basés sur les tableaux de remontées des cas positifs à la Covid lorsqu’il y avait beaucoup de cas (50 par jour). Le rectorat a donc prévu une dotation importante pour engager des contractuel.le.s, supérieure en fait aux besoins actuels en Sarthe . Mais dans ce département, le vivier de contractuel.le.s est faible et un recrutement important ne sera pas possible même en le voulant. Le recrutement de ces contractuel.le.s n’est pas structurel mais bien lié à la crise sanitaire. Ces personnels ne seront recrutés que pour trois mois maximum, leur contrat se terminera au plus tard en février.

Pour la FSU : la FSU dénonce fermement ce recours à des contractuel·les car cette situation était prévisible et anticipable. La FSU a dénoncé dès juillet 2020 dans le 1er degré la suppression de 11 postes de titulaires remplaçant.e.s à la rentrée de septembre 2020, et de 5,5 postes de TR à la rentrée 2019. Ce sont ces 16,5 postes qui manquent aujourd’hui dans le département.  La crise sanitaire est bien un prétexte pour faire entrer massivement le recours aux contractuell.le.s dans l’ensemble des Services Publics, comme le prévoit la loi Dussopt. De plus, quand le Ministre Blanquer affirmait que tout était prêt, voici une nouvelle démonstration que RIEN ne l’était. Les propos de l’autorité académique concernant la difficulté du département à constituer un vivier démontre toute l’importance du cadre réglementaire et du statut de fonctionnaire d’État. Car, sans cela, c’est pour les élèves et leurs familles, la garantie d’une égalité de traitement qui disparaît de facto. La différence d’attractivité des territoires engendre bien de profondes inégalités par rapport aux obligations de l’État de garantir un égal accès à l’éducation. Les territoires “attractifs” pourront donc faire face à l’absence d’enseignant·es quand les territoires “moins attractifs”, souvent touchés par une plus forte précarité, par un plus fort taux de pauvreté et de chômage, verront en plus la vacance de postes ne pas être enrayée !  Il est important que cette dotation pour un recrutement massif de contractuel.le.s soit seulement conjoncturelle et en lien avec la crise actuelle. La FSU demande en effet l’arrêt des suppressions de postes dans l’Éducation Nationale et la création de postes de titulaires. 

  • Un.e professeur.e des écoles proche d’une personne très vulnérable voit un de ses élèves partir dans la matinée parce qu’un retour de test vient de le confirmer positif. L’IEN n’est pas joignable. Ce qui a traversé l’esprit de ce collègue c’est d’exercer un droit de retrait. Cela témoigne d’un stress majeur. Comment éviter cette situation ?

Connaître la procédure ne peut qu’aider à gérer une telle situation. L’école fait remonter, via l’IEN, le cas de positivité à la cellule COVID. Celle-ci joint la famille et mène l’enquête, en relation avec l’école, pour repérer les cas contacts (la personne contaminée a-t-elle enlevé son masque, en présence d’autres personnes sans masques ?). S’il n’y a pas de cas contacts, un courrier non nominatif est envoyé. S’il y a des cas contacts, un courrier nominatif est adressé aux personnes susceptibles d’avoir été contaminées pour une mise à l’isolement avec un test pratiqué sept jours après le dernier contact. Cette communication se réalise dans un délai le plus court possible: dans la journée si l’information est remontée assez tôt et en fonction du nombre de cas signalés.

Pour la FSU: la réponse de la cellule COVID est certes rapide (dans la journée, au pire le lendemain si l’information est remontée en fin de journée) mais ne règle pas forcément des cas comme l’exemple qui a été remonté, où l’IEN ne répond pas. La personne concernée n’a pas forcément été considérée comme cas contact puisque seules les contaminations par voie aérienne (sans masques) sont prises en compte par l’ARS. Cela n’enlève en rien l’inquiétude et le stress légitimes d’une personne vivant avec quelqu’un de vulnérable et qui se demande si elle n’a pas été contaminée par d’autres voies (surfaces contaminées par exemple). Cela pose aussi la question d’un suivi psychologique des personnels en première ligne.

  • La prime de directeurs, liées au surcroît de travail des directions du fait entre autre de la crise sanitaire, n’a pas été versée au mois de novembre comme prévu. Qu’en est-il? 

Cette prime sera versée en décembre.

Pour la FSU: Le ministère avait annoncé le versement de cette prime de direction sur la paye de novembre. Il est regrettable que les collègues concerné.es n’aient pas été informé.es de l’impossibilité pour le service gestionnaire d’effectuer le versement de cette prime en novembre comme prévu. De plus, le SIDEEP contacté par le SNUipp-FSU a indiqué que cette prime serait versée uniquement aux directeurs et directrices en poste du 1er au 30 septembre 2020. Pas de prime pour les directrices et directeurs fraîchement retraité.e.s qui ont eu à gérer le confinement et le déconfinement de mars à juillet 2020 !

Second degré :

 

  • Nous avons été informés qu’au collège de Loué, les cours ont dû être réduits à 45 minutes faute de salles et d’espace de restauration. Le Conseil Général n’aurait installé qu’un seul Algeco. Cette situation si elle est vérifiée, pose d’autant plus problème compte tenu du protocole sanitaire actuel où chaque classe doit avoir sa salle dédiée. La DSDEN a-t-elle des informations sur la question et sur les mesures envisagées pour pallier le problème?

La situation est bien connue des services de la DSDEN. Le problème, lié à la taille du restaurant scolaire et aux horaires des transports, oblige d’amputer la durée de certains cours pour appliquer le protocole sanitaire. De ce fait, les pertes horaires par discipline vont être évaluées et un rattrapage sera organisé sur le reste de l’année, en priorité auprès des élèves de 3ème, afin de leur permettre de préparer au mieux leur examen. Pour les autres niveaux, cette compensation pourra être transférée l’année scolaire suivante. Ce rattrapage ne fera pas l’objet de paiement d’heures supplémentaires : les enseignants n’assurant pas totalement leur service actuellement les heures non faites seront calculées et utilisées pour le rattrapage plus tard.
D’autres perspectives sont à l’étude telles qu’une programmation de travaux pour l’avenir (prise en compte par le Conseil Départemental qui a cependant son propre planning de travaux à réaliser) ainsi que la mise en place d’horaires plus appropriés pour la prochaine rentrée car il est impossible de changer l’organisation des transports tout de suite.

Pour la FSU: Les problèmes de ce collège doivent être vite résolus et la situation ne peut rester longtemps en l’état. Le Conseil Départemental doit mobiliser rapidement d’autres moyens matériels pour un retour à un volume de cours normal et envisager tout aussi rapidement des travaux pour éviter que ce type de situation se reproduise. L’annualisation des services des enseignant.es (rejetée par la FSU) ne peut être une solution pérenne pour résoudre les problèmes de cet établissement scolaire. De plus, le rattrapage des cours sur l’année scolaire prochaine ne tient pas compte de la possibilité de mouvement des professeur.e.s qui ne seront peut-être plus dans cet établissement l’an prochain.

Tous degrés :

 

  • Les exercices d’alerte PPMS de l’année scolaire dernière ont en général été repoussés compte tenu de la crise sanitaire et du confinement. Ces exercices nécessitent de rassembler, isoler les élèves dans un même lieu (dans le primaire, il y a même brassage des classes). Y a-t-il eu des consignes pour les réaliser avant la fin de l’année 2020 malgré le protocole sanitaire, ou bien sera-t-il possible de repousser ces exercices aux second ou troisième trimestres?

Ces exercices ne peuvent pas être reportés et devront être réalisés avant les prochaines vacances de fin d’année. Il n’y aura aucun report possible sur la fin de l’année scolaire.

Pour la FSU: Compte tenu du protocole sanitaire actuel, qui demande d’éviter les brassages dans les établissements scolaires, la mise en place de ces exercices pose vraiment problème. Pourquoi ne pas attendre le second trimestre et une meilleure visibilité sur les suites de l’épidémie pour les faire?

  • Les infirmières scolaires sont très sollicitées dans les établissements et disent ne pas pouvoir assurer le testing des personnels. Des collègues disent avoir été contactés pour passer des tests dans des établissements qui ne sont pas forcément les leurs sur des créneaux précis. Les infirmières scolaires seront-elles sollicitées pour faire les tests dans le premier et/ou le second degré?  Qui les réalise si ce n’est pas le cas ? Comment s’organisent les tests sur le personnel? Qui est concerné par ces tests, sur quels critères? De nouveaux tests sont-ils prévus à intervalles réguliers?

Une expérimentation pour le passage de tests antigéniques aura lieu jeudi et vendredi. La zone de Sablé a été choisie car le virus y circule activement dans le grand public. Les chiffres moyens en Sarthe cachent en effet des situations variables selon les communes. Cette expérimentation sera totalement encadrée par le SDIS qui a une réelle expertise dans ce domaine, et deux infirmières seront formées à cette occasion.  Le centre de test sera installé dans le collège Reverdy qui  dispose de locaux adaptés. La semaine suivante, la totalité des infirmières volontaires sera formée par le SDIS. Il sera alors possible de se rendre compte du nombre de personnes volontaires nécessaires pour faire passer ces tests, de l’organisation à retenir.
Cette expérimentation servira à la mise en place de l’organisation progressive de tests dans d’autres établissements scolaires.  Il y aura une planification pour organiser des tests dans plusieurs autres établissements (ils ne seront pas tous testés en même temps). Mais ces tests ne seront pas généralisés à l’ensemble des établissements du département car il y a des zones où le virus ne circule pas.
Concernant le choix des personnels testés, l’expérimentation se fera sur la base du volontariat. Un courrier de présentation générale a été envoyé lundi au chef d’établissement. Les personnels  ont reçu un courrier hier soir leur proposant de passer les tests. Les personnels qui veulent les passer doivent se signaler auprès de leur chef d’établissement ou de leur directeur d’école. Pas de convocation nominative et systématique (base du volontariat), les personnels seront convoqués par groupe d’une vingtaine de personnes sur une heure. L’expérimentation concerne 2 collèges publics, un lycée public, 5 écoles publiques et un établissement privé. Tous les personnels présents dans les établissements scolaires sont concernés, y compris les personnels de la région, du département et de la mairie de Sablé. Il y a eu un arrangement dans ce sens avec les collectivités territoriales.

Pour la FSU: Les infirmières sont une catégorie de personnels très sollicitée dans les établissements scolaires : elles ne peuvent pas être contraintes à assurer en plus les tests des personnels. C’est pourquoi un recrutement ne peut en effet se faire que sur la base du volontariat. Nous notons que, pour l’heure, la réalisation des tests antigéniques en Sarthe en est au stade de l’expérimentation et doit être affinée. Nous devons cependant faire remarquer que dans les annonces ministérielles ces tests devaient être généralisés, or ce ne sera pas le cas dans l’état actuel du projet d’organisation des tests en Sarthe, ce que nous regrettons. Une fois de plus, force est de constater que les annonces gouvernementales ne sont pas suivies d’effet sur le terrain.  

  • Des cas de contamination au Covid seront-ils reconnus comme maladie professionnelle? Savez-vous si la Covid-19 rentrera dans la nomenclature des maladies professionnelles? Dans l’intérêt des personnels, quels conseils donner aux collègues pour faire valoir cette reconnaissance?

Concernant  le fait qu’il n’y ait pour l’instant pas de contaminations en interne dans le département, chaque fois que quelqu’un est testé positif une enquête est lancée pour rechercher la source de la contamination. Jusqu’ici, les contaminations ont toujours une origine extérieure pour les personnels de l’Éducation Nationale en Sarthe.  Dans plusieurs cas, assez fréquents, ces personnels avaient des enfants adolescents asymptomatiques qui se sont révélés positifs à la Covid.
A priori, la Covid ne rentre pas ici dans la catégorie des maladies professionnelles mais on ne peut cependant pas exclure totalement la possibilité d’une contamination en interne. Dans ce cas, il faudrait arriver à prouver par l’enquête que la personne a été contaminée sur site, dans son lieu de travail.

Pour la FSU: Comme nous l’avons fait remarquer dans le commentaire de la situation sanitaire en Sarthe, il n’est pas possible d’affirmer ainsi que, sans aucun doute, il n’y a eu aucune contamination interne dans les établissements scolaires sarthois. Rappelons que des professeurs des écoles enseignent à des enfants de moins de 6 ans sans masques (référence de l’ARS pour établir des cas contacts) et que jusqu’aux vacances de novembre aucun de leurs élèves n’avait de masque. Or les études internationales montrent que les enfants aussi peuvent être contaminants. Les enseignants du secondaire ont assuré leurs cours devant plus d’une trentaine d’élèves dans des salles de taille réduite. Les enseignants en collège et dans certains lycées le font toujours. Même avec une ventilation, ce sont des lieux clos et, toujours selon les études sanitaires, l’efficacité des masques baisse et les risques de contamination augmentent au fur et à mesure des heures qui passent. Par ailleurs, dans les cas fréquents où les personnels ont été contaminés par leurs adolescents, on ne peut pas non plus exclure que l’école soit la source de leur contamination. Nous notons que Mme la Dasen reconnaît que la possibilité d’une contamination en interne ne peut être totalement exclue. Nous demandons que la Covid soit reconnue comme maladie professionnelle et que les tests soient plus généralisés.

Point de situation au 17 novembre 2020:

Compte-rendu de la rencontre en audio-conférence du mardi 17-11-2020

Ces entretiens, exclusivement centrés sur la gestion de la crise sanitaire, ne remplacent pas les instances officielles. Elles sont un point permettant une prise d’informations et des remontées de situations.

Étaient présent-es pour l’administration : Mme la DASEN, M. l’adjoint à la DASEN, Mme la Secrétaire Générale, Mme la responsable du pôle SST, Mme la conseillère prévention départementale, Mme le médecin de prévention

Etaient présent-es pour les représentant-es syndicaux-ales : Antoine CHAUVEL SNUipp-FSU secrétaire suppléant du CSHCT-SD, Sophie Pereira SNES-FSU et un représentant UNSA Education.

La situation sanitaire :

Au niveau départemental, la préfecture constate une baisse très légère des indicateurs de contamination. La crainte du préfet est que l’annonce des améliorations ait comme conséquence un relâchement de la population dans le suivi des gestes barrières. L’interprétation des chiffres donnés le lundi après le week-end n’est pas toujours facile.

Depuis septembre, on n’a pas relevé de cas de contamination ayant pour origine l’Éducation Nationale. Les contaminations ont toujours une autre origine. Mais quelques situations de cas contacts sont le fait d’une baisse de vigilance des collègues (repas, masques pas aux normes exigées). Cependant, ces cas sont à la marge.

Dans les lycées :

Une majorité de lycées privés ont maintenu leur fonctionnement ordinaire en classes entières sans les aménagements proposés par le ministère.

Sur les 16 lycées publics de la Sarthe, 12 ont proposé des aménagements (fonctionnement en demi-groupes par exemple) mais qui peuvent varier d’un établissement à l’autre selon les types de bâtiments, le fonctionnement du lycée. Les projets ont été validés directement par le recteur.

Il y a eu extrêmement peu de plaintes de parents sur le distanciel dans les lycées (seulement deux courriers). Les nouvelles organisations ont été mises en place il y a à peine quelques jours, les élèves concernés n’ont peut-être pas fait remonter toutes les informations.

Analyse de la FSU :

-Le fait d’affirmer qu’aucune contamination n’a eu pour origine l’éducation nationale depuis la rentrée témoigne du même degré de croyance qu’il faut pour admettre l’arrêt du nuage de Tchernobyl à la verticale des frontières françaises. Tout au plus il est possible de dire qu’aucun indicateur dont se dote l’institution ne prouve de contaminations venant de l’école. Mais dans ce même entretien (voir ci-après) la Dasen reconnaît qu’il y a parfois plusieurs cas covid ou contact sur un même site et qu’il faudrait tester certains établissements… On serait malgré cela sûr qu’aucune contamination interne ne serait en cause? Alors que les médias ont enfin souligné combien les chiffres données par J.M. Blanquer depuis septembre étaient en total décalage avec les données de Santé Publique France (écart de facteur 14 en Pays de Loire comme en moyenne nationale, de facteur 24 dans d’autres régions…), nous ne pouvons que déplorer que la représentante du ministre dans le département relaie ce qui relève d’un mensonge d’état. Aussi extravagant que cela puisse paraître, le gouvernement vient à peine de demander à l’Institut Pasteur de lancer une grande enquête pour connaître les lieux de contamination. Rappelons que toutes, ou en tout cas la majorité, les études internationales affirment que les établissements scolaires sont des lieux de contamination importante. La FSU déplore une nouvelle fois le discours lénifiant de l’institution qui n’apparaît avoir d’autre objectif que d’occulter la gestion catastrophique de la situation sanitaire par le ministre.

Linterprétation que les seules causes de contaminations seraient liées à des baisses de vigilance nie une complexité et renvoie à des culpabilités. La réalité c’est que le repas nécessite effectivement d’enlever son masque pour manger. C’est toujours une prise de risque, même assis en quinconce. La réalité c’est que nous pouvons croiser, toucher, des objets souillés, que personne ne peut prétendre avoir “tout bon” dans ces processus de geste barrière. Dans ce contexte l’enchaînement de hasards produit des contaminations, et les même gestes ne produisent pas les mêmes effets quand les contextes changent. Donc les baisses de vigilances, par ailleurs humaines, ne sont pas les seules raisons à ces contaminations repérées. La FSU déplore et condamne la mise en cause inadmissible des collègues dans les éventuels cas contacts. Nous ne pouvons que rappeler que s’il doit y avoir des responsables de la contamination de l’Éducation Nationale, ils sont plutôt à chercher du côté des responsables, surtout de plus haut niveau, qui ont menti aux collègues, aux élèves et aux parents pendant des semaines en niant, contre toute évidence, la réalité. Que chacun prenne ses responsabilités et que cesse ce mépris permanent envers les personnels!

-Concernant les lycées, les plaintes des parents sont une boussole de type « pas de vague ». Ce faible nombre de courriers prouve juste que le niveau de mécontentement est acceptable. Cela ne signifie pas une approbation, et surtout cela ne dit rien sur la pertinence pédagogique du distanciel.

Question : Quelle attitude avoir vis à vis des parents qui fournissent un certificat de pédiatre affirmant que le port du masque est impossible pour leur enfant ?

Réponse : Le masque est obligatoire. Si un tel certificat est fourni il doit être soumis au médecin scolaire qui doit avoir un regard dessus et décide s’il doit y avoir des aménagements ou pas.

Analyse de la FSU : La réponse reste évasive. Si le médecin scolaire va dans le même sens que le médecin de famille, quels seront ces aménagements? Un port du masque dérogatoire, une éviction scolaire? Et si l’avis du médecin scolaire diffère de celui du médecin traitant, qui sera décisionnaire? Comment cela sera-t-il pris par la famille, sur fond d’angoisse pour l’enfant et de conflit d’expertise entre médecins ?

Question : Les parutions du décret n°2020-1365 du 10 novembre 2020 et de la circulaire de la DGAFP relative, redéfinissent la prise en charge des personnels vulnérables au titre des douze affections définies. Nous souhaitons porter à votre attention que les aménagements préconisés dans la circulaire ne peuvent être appliqués dans nos classes, en particulier l’isolement du poste de travail. En conséquence les collègues vulnérables ne peuvent pas être maintenu.e.s en présentiel dans leur établissement. De même, le travail à distance n’est pas mis en place à ce jour pour les enseignants.  Les personnels concerné.e.s seront-ils et elles placées en ASA dès qu’ils et elles  en font la demande à l’appui d’une attestation de leur médecin traitant ? 

Réponse : Les personnes vulnérables selon le décret du 10-11-2020 seront autant que possible placées en télétravail, particulièrement dans le second degré. Au cas par cas, quand le télétravail sera impossible, une ASA sera délivrée. Et ce sera immédiat. Pour bénéficier des mesures de protection renforcée prévues par le décret la personne vulnérable devra de sa propre initiative en faire la demande à son supérieur hiérarchique et fournir un certificat d’isolement de son médecin. Le médecin du travail conseille sur les mesures de protection appropriées et sur les aménagements du poste de travail. Dans le second degré, où les établissements sont mieux équipés, un enseignement à distance en visioconférence peut parfois être assuré par l’enseignant-e en télétravail. Dans ce cas, les élèves restent dans la classe sous la surveillance d’un-e AED par exemple. Dans le premier degré, c’est plus difficile : à défaut une ASA peut être délivrée.

Un nombre important de personnes vulnérables, et c’est vrai dans toutes les administrations, ne veulent plus être éloigné-es du travail. Si ils-elles en expriment le souhait, et uniquement dans cette hypothèse, nous autorisons le maintien sur poste. Dans ces cas-là, les masques de type 2 sont fournis.

Analyse de la FSU : La FSU est satisfaite que le décret du 10-11-2020 prenne à nouveau en compte les onze pathologies précédentes, et qu’une douzième ait été ajoutée, pour définir les personnes vulnérables. Il faut néanmoins faire remarquer qu’il n’est pas si simple de mettre en place un enseignement à distance dans les établissements scolaires du secondaire. Tous n’ont en effet pas les équipements numériques et les connexions nécessaires pour qu’un-e enseignant-e assure un cours en visioconférence depuis chez lui-elle devant une classe présente dans l’établissement scolaire. Par ailleurs, comme il est impossible de laisser un groupe d’élèves en autonomie seuls dans une salle de classe la présence d’un-e adulte est en effet nécessaire, ce qui pose le problème de la disponibilité en AED, le plus souvent en nombre déjà insuffisant pour assurer leurs missions de vie scolaire. De plus, dans le type de télétravail suggéré, le matériel personnel de l’enseignant doit être utilisé alors qu’il ne dispose pas forcément de l’équipement nécessaire pour cela. Ce n’est pas l’annonce de 150 euros par an qui satisfait ces besoins. Le format de cours en distanciel ne doit pas être imposé aux enseignant-es en télétravail. Ces derniers doivent pouvoir exercer leur liberté pédagogique pour assurer, selon le matériel à leur disposition, le type d’enseignement à distance qui leur semble le plus pertinent.

Question : Sachant que les jours d’autorisation d’absence pour garde d’enfants sont limités à 6 jours/an par enfant et ceci, quel que soit le nombre d’enfants. Quelle est la situation d’un personnel dont l’enfant cas contact ne doit pas aller à l’école et doit être gardé à la maison ? Epuise-t-il-elle son droit à jours pour enfant malade, et que fait-il pour les jours supplémentaires dépassant ce droit ?

Réponse : La garde d’un enfant cas contact n’impacte pas le droit à congé pour enfant malade ordinaire. La page 4 de la circulaire du 16/11 précise que si l’enfant ne peut pas aller à l’école, et s’il n’y a pas d’autre solution de garde, le-la parent enseignant-e doit assurer ses cours en télétravail. Si ce n’est pas possible, il bénéficie d’une ASA sur présentation d’un certificat médical et d’une attestation sur l’honneur pour absence de solution de garde.

Analyse de la FSU : Cette information est importante et satisfaisante pour les personnels concerné-es. Elle doit être transmise aux personnes concernées et aux chef-fes de service.

Question : Des stagiaires, des AESH, des ATSEM, des AED se voient mis en charge de groupes d’élèves en réponse à la pénurie de remplaçant-e-s. En cas de problème les stagiaires, les aesh, les atsem, les aed seraient-ils-elles jugés responsables ?

Réponse : Confier la surveillance d’un groupe d’élève à une personne dont ce n’est pas la mission n’est pas normalement possible. Dans ce cas, c’est l’enseignant-e titulaire en charge de la classe qui reste responsable. La DSDEN sait bien que cela se fait néanmoins. Il faut dès lors, être très prudent. Chacun-e engage sa responsabilité quand on sort du cadre comme habituellement.

Analyse de la FSU  Ce rappel est en effet important à faire. Il faut cependant souligner les difficultés rencontrées sur le terrain et l’impossibilité concrète de procéder différemment. Ce n’est pas chacun-e qui engage sa responsabilité, c’est l’institution qui engage la responsabilité d’un certain nombre d’acteur-trice-s sans leur demander leur avis. L’institution devrait reconnaître les difficultés de remplacement et prévoir les recrutements nécessaires. Et à défaut assumer de couvrir les collègues qui n’ont pas le choix de pratiquer autrement.

Question : Le ministère a informé sur sa volonté de pratiquer des tests antigéniques sur les personnels de l’Éducation Nationale (dans un premier temps). A-t-on des informations sur le calendrier et les modalités de passage de ces tests en Sarthe ? Sont-ils déjà là ? Qui sera testé en priorité ? Qui les réalisera ?

Réponse : Pour l’instant il n’y a pas d’information très précise. Les tests ont été commandés. On ne connaît pas encore la procédure précise mais on s’orienterait vers des équipes mobiles composées de volontaires qui iraient vers des établissements ciblés avec l’ARS dans lesquels auront été repérés des clusters ou des suspicions de clusters. Ces tests ne seraient alors pas généralisés.

Analyse de la FSU : L’annonce du ministère suggérait une politique de tests systématique pour l’ensemble des personnels. La FSU 72 demande cela depuis le début de l’épidémie et souligne le retard incroyable d’une telle mesure. Nous déplorons qu’aucune consigne précise n’existe. Et s’il se confirme que l’on s’oriente seulement, dans l’académie, vers des tests ciblés sur certains établissements et non sur des tests généralisés comme annoncé par le ministère. Cela reste totalement insatisfaisant. On peut même dire que si l’administration continue à affirmer qu’il n’y a pas de contamination à l’intérieur des établissements, il n’y aura par conséquent aucun établissement concerné par les tests, et qu’il est à craindre que nous soyons de nouveau en présence d’un énième effet d’annonce.

Question : Plusieurs  enseignantes d’une école élémentaire ont reçu vendredi 13 à 14h30 un courrier cosigné de l’ARS et de l’académie de Nantes les informant qu’elles avaient été identifiées comme pouvant avoir été en contact proche avec une personne porteuse du virus. Ce courrier stipulait qu’afin de limiter la circulation du virus, les mesures suivantes sont recommandées : -Isolement strict et immédiat à domicile au minimum 7 jours après le dernier contact ».

Devaient-elles quitter immédiatement l’école ? Devaient-elles rester avec les élèves pour ne pas être en abandon de poste pour l’après-midi ? Une communication claire à destination des écoles pourrait-elle être mise en place pour éviter aux équipes d’être soumises à des injonctions contradictoires (nécessité d’isolement immédiat et nécessité d’encadrement des élèves) ?

Réponse : Cette situation est un cas unique. Il faut tenir compte de la réalité donc la journée doit se terminer, les parents ne peuvent pas venir en milieu de journée. Et une personne n’est pas plus contagieuse à 14H00 qu’à 11H00. Donc les personnels doivent prendre les précautions maximum notamment en terme de distance, de lavage de main, de port du masque et d’isolement lorsqu’ils le peuvent en fin de journée, une fois leur travail terminé.

Analyse de la FSU : La situation pose clairement problème et fait peser sur les personnels une charge psychologique importante. Comment continuer sereinement et comme si de rien n’était son travail alors que l’on sait qu’à la moindre erreur on peut contaminer un collègue ou un élève ? Là encore, la problématique du remplacement se pose avec une acuité très forte.

Question : Des stagiaires en M1 ou en M2 ayant raté le concours se voient empêchés de porter leurs masques personnels. On leur dit d’aller s’acheter des masques chirurgicaux à leurs frais. On sait que ce sont des personnels sous statut étudiant-e, souvent peu aisé-es financièrement. Ils-elles-e sont conventionnés pour travailler avec des élèves. L’administration compte-t-elle fournir à ces jeunes collègues des masques pour exercer leur activité pré-professionnelle et protéger ainsi l’institution qui les accueille ?

Réponse : Dans certains cas des écoles ont pu fournir un masque réglementaire aux étudiant-es mais c’est une exception. Il a été rappelé aux étudiant-es qu’ils-elles devaient être équipé-es de masques correspondant aux normes en vigueur dans l’Éducation Nationale. Il faudrait une réponse d’accompagnement social de la part de l’Université, ce n’est pas la responsabilité de la DSDEN.

Les stages des M2, qui sont en général quatre dans les classes des maîtres formateurs-trices, ont été réduits en durée de manière à ce qu’ils ne soient pas plus de deux dans la classe.

Analyse de la FSU : Il est inacceptable que des étudiant-es avec souvent peu de moyens doivent financer un matériel particulier demandé par l’institution ; institution qui signe avec eux des contrats les impliquant en termes de responsabilité, en terme d’exercice pratique du métier…

Question : Nos remontées nous montre une situation du remplacement très dégradée. Avez-vous des chiffres sur le nombre de remplacements non assurés dans le premier et le second degré ?

Réponse : Dans le premier degré il y avait, la semaine dernière, une moyenne de 30 à 40 remplacements non assurés par jour malgré la suspension des formations. C’est plus que d’habitude même si on constate une légère baisse ces derniers jours. Les sites isolés, les niveaux CP et CE1 sont prioritaires pour les remplacements. Le problème c’est lorsqu’il y a plusieurs enseignant-es testé-es positif-ives ou cas contacts sur le même site. Pour le second degré, les problèmes de remplacement se posent pour les enseignant-es malades qui sont en arrêt. Les cas contacts assurent leurs cours à distance.

Analyse de la FSU : La situation n’est pas acceptable. Elle est contraire à l’intérêt de l’institution et à la lutte contre l’épidémie. La FSU dénonce depuis des années la baisse continue des brigades de remplacement. Elles sont les victimes privilégiées de la dernière carte scolaire insuffisamment financée. Les ouvertures de postes nécessaires ont été toutes prises sur le volant de remplacement. Nous ne pouvons que réitérer notre demande d’embauche de personnel supplémentaire notamment par l’ouverture des listes complémentaires du concours. Le Ministre, qui ne prend aucune disposition à ce sujet, est dans le déni de la réalité.

Question : Il est question de transférer la gestion et le repérage des cas contacts de l’ARS à la médecine scolaire. Avonsnous en Sarthe suffisamment de médecins scolaires pour assurer cette mission si ce transfert devait se confirmer? 

Réponse : A l’heure actuelle une cellule de « contact tracking » avec des personnes de l’ARS, des médecins et infirmières scolaires, une personne de la DSDEN pour gérer l’aspect administratif est en place. Les médecins scolaires ne sont pas nombreux-euses : ils-elles se relaient en semaine et l’ARS prend en charge les week-end.

Cette cellule a été mise en place dès la rentrée après l’expérience de la fin d’année scolaire dernière. L’ARS et l’assurance maladie ne sont pas seulement en charge de l’Éducation Nationale et ont beaucoup de missions à assumer ce qui est difficile. Il a donc été décidé de mettre en place cette délégation conjointe pour alléger le travail de l’ARS et être plus efficace. Si la décision évoquée est prise au niveau national, cela ne changera rien pour la Sarthe.

Analyse de la FSU : Si le ministère décide de transférer à la santé scolaire la gestion et le repérage des cas contact, on voit mal comment le fonctionnement partenarial avec l’ARS actuellement décrit pourrait perdurer… Sauf à ce que la Sarthe désobéisse aux consignes ministérielles. Du point de vue de la FSU, vu le nombre de personnels de santé scolaire, cette désobéissance se comprendrait. Mais probablement avons-nous mal compris la réponse.

Question : Des consignes et recommandations particulières sur l’application du protocole sanitaire dans les cantines des établissements du secondaire ont-elles été données ? La DSDEN a-t-elle des retours sur les modalités de mise en place privilégiées pour l’application du protocole dans les cantines scolaires ?

Réponse : Des réunions ont été organisées entre les responsables de la DSDEN et les élu-es des collectivités pour faire le point sur les écoles et collèges. Dans les écoles, cela s’est réglé avec la collectivité. Dans les collèges, un protocole précis a été donné par le conseil départemental. Au vu des échanges, cela se passe correctement, il n’y a pas eu de remontée de problèmes au niveau hiérarchique. Le principal problème étant plutôt sur l’organisation du service des personnels.

Dans les lycées, c’est plus compliqué du fait de la perte de notion du groupe classe. Les nouvelles organisations rendent cependant l’organisation des cantines nettement moins problématique et permettent plus de distanciation.

Analyse de la FSU : La sécurité sanitaire des cantines scolaires en lycée, mais aussi en collège, est en effet un problème. Dans la plupart des cas, les élèves mangent sans masques par tables de 6. Le nombre de services possible étant limité, il est compliqué d’éviter les concentrations d’élèves faisant la queue avant d’aller manger. Là encore, le manque d’AED ne permet pas toujours à la vie scolaire de faire respecter une distanciation entre élèves. Par ailleurs, le manque de personnel d’entretien fait qu’il n’est pas toujours possible de nettoyer systématiquement les tables après chaque passage d’élève. Aucun problème n’est apparemment remonté à la DSDEN, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en ait pas. Toujours la question du thermomètre…

Question : Des collègues s’interrogent sur le maintien de certaines formations, comme les constellations, ou bien parfois, dans le second degré, loin de chez elles-eux et brassant des personnels de beaucoup d’établissements. Quelles sont les consignes ?

Réponse : Sur le principe, les formations sont maintenues si possible en distanciel, sinon en présentiel. Les formations du premier degré sont presque toutes annulées. Sur les constellations, le présentiel pourra avoir lieu parfois notamment pour le temps de lancement, mais le distanciel sera privilégié. Dans le second degré, un chef d’établissement peut s’opposer à un départ en formation si cela pose souci dans son organisation. Chaque réponse est étudiée au cas par cas.

Analyse de la FSU : La cohérence voudrait qu’un cadre commun se mette en place : soit le passage en distanciel, soit le report. Cela crée chez les personnels des incompréhensions qui sont préjudiciables à la confiance qu’ils peuvent avoir en l’institution.

Question : Les personnels RASED seront-ils-elles sollicités pour faire des remplacements ?

Réponse : Ce sera une solution de dernier recours et sur la base unique du volontariat.

Analyse de la FSU : La position de la DASEN, sur ce point, est raisonnable. Car les besoins de prise en charge par les membres des RASED ne baissent pas, bien au contraire, en période de pandémie. La FSU sera attentive à ce que cette position soit maintenue, d’autres départements faisant écho de fortes pressions.

Question : En lycées, les aménagements prévus sont très variés. Certains établissements ont adopté des enseignements en demi-groupes et d’autres non. Y aura-t-il des aménagements de programme compte tenu de la situation sanitaire ?

Réponse : Dans les lycées, les aménagements dans l’organisation de l’enseignement ont été réalisés en concertation avec les équipes de chaque établissement. Il n’y aura pas d’aménagements de programme. Les établissements qui ont prévu un enseignement hybride devront assurer tout le programme.

Analyse de la FSU : Cette réponse, qui est celle du ministère, n’est pas satisfaisante. La FSU demande un allégement des programmes de lycée et un report de toutes les épreuves du baccalauréat en juin. Sans cela, les candidats du baccalauréat ne se présenteront pas devant l’épreuve avec les mêmes chances car quel que soit le dévouement des équipes enseignantes, un enseignement hybride ne peut en aucun cas être aussi efficace qu’un enseignement totalement en présentiel. Il n’est pas acceptable que l’on reporte sur le local la décision de choisir entre une meilleure sécurité sanitaire et le respect du programme.

Point de situation au 03 novembre 2020:

Compte-rendu de la rencontre en audio-conférence avec DASEN du mardi 03-10-2020

Ces entretiens, exclusivement centrés sur la gestion de la crise sanitaire, ne remplacent pas les instances officielles. Elles sont un point permettant une prise d’informations et des remontées de situations.

Étaient présent-es pour l’administration : Mme la DASEN, M. l’inspecteur adjoint, Mme la Secrétaire Générale, Mme la responsable du pôle SST, Mme la conseillère prévention départementale, Mme la Médecin de prévention ;

Etaient présent-es pour les représentant-es syndicaux-ales : Nelly COURSON, SNUEP-FSU et secrétaire du CSHCT-SD, Eric DEMOUGIN, SNUipp-FSU et un représentant UNSA Education.

Point de situation par la Directrice Académique :

Les indicateurs grimpent et donc le département est impacté même si c’est le moins impacté de la Région.

La rentrée ne pose pas de soucis particuliers si ce n’est la contamination des personnels et des élèves, qui, de façon logique, sont aussi plus touché-es. Vendredi le taux d’incidence se situait à 212,8 et le taux de positivité se situait à 14,7 et devraient augmenter.

Certaines formations ont été supprimées pour dégager des moyens de remplacement mais aucune fermeture n’est à ce jour envisagée.

Analyse de la FSU : Nous notons que la DASEN commence à rompre avec le discours lénifiant consistant à affirmer, en contradiction totale avec l’immense majorité de la littérature médicale mondiale, que les établissements scolaires ne sont pas, ou peu, des lieux de contamination. Il serait plus que temps que la hiérarchie de l’Éducation Nationale dise les choses telles qu’elles sont : les jeunes âgés de plus de 10 ans sont tout aussi contaminants, ou presque, que les adultes. Et il devient urgent que cesse la politique de sous-évaluation systématique des cas de contamination et des cas contacts. Casser le thermomètre n’a jamais fait tomber la fièvre.

Quant à affirmer, comme le fait tranquillement la DASEN, que la rentrée se passe sans souci particulier c’est faire peu de cas de l’immense inquiétude des collègues (mais aussi de certains élèves) face à un protocole qui demeure, dans les faits, inchangé pour les établissements du secondaire alors même que le virus connaît une formidable et inquiétante recrudescence.

Questions :

Le conseil d’état ayant suspendu le décret du 29 août, celui du 5 mai fait de nouveau référence pour déterminer les personnels vulnérables. Ainsi, toutes celles et tous ceux qui étaient en télétravail ou en ASA au mois de juin dernier sont en droit de l’être aujourd’hui. Confirmez-vous cela ? Si tel est le cas comptezvous les informer de leur droit rapidement, et de quelle façon ?

L’administration est dans l’attente d’un nouveau décret. Comme auparavant, si la mise en télétravail est impossible, des ASA seront dispensées. Aucune information spécifique n’est prévue à ce stade, la FaQ étant accessible et à jour.

Analyse de la FSU : En attente d’un nouveau décret, l’ancien s’applique et les collègues vulnérables (dans la définition appliquée en juin) sont en droit de faire valoir actuellement cette vulnérabilité. A l’heure où le virus circule toujours activement, il serait incompréhensible que la liste soit réduite. La FSU y sera très attentive.

Le ministre a déclaré hier matin sur France Inter : « Il est important que la scolarisation de tous soit assurée. Après, on est pragmatique, on regarde ce qu’il en est et on prend des mesures adaptées. Pour les lycées, il y a des souplesses qui sont accordées, certains vont s’organiser en demi-groupes ». Le plan de continuité pédagogique confirme ces souplesses. Qu’en est-il en Sarthe ? Les remontées de terrain montrent que le brassage des élèves est important et qu’il serait urgent d’envisager ces ajustements en demi-groupes dans bien des endroits. Allezvous autoriser des organisations de dédoublement des classes ? A quelles conditions ?

La DASEN n’organise pas et ne prend pas les décisions.

Le protocole s’applique avec une certaine souplesse et c’est de la responsabilité du chef d’établissement que d’organiser de la manière la plus efficiente.

Dans certains collèges, le brassage est d’ores et déjà limité avec notamment la fixation de classes sur une salle. C’est impossible en lycée.

Le point de fragilité est celui de la restauration scolaire. Une réflexion est menée en ce sens notamment pour l’identification des cas contacts.

Pour le 1er degré, c’est de la responsabilité du- de la directeur-trice d’école, soutenu-e par l’IEN.

À l’heure actuelle, les demi-groupes en classe ne sont pas envisagés aussi bien dans le département qu’à l’échelle nationale. Et cette décision, si elle devait être prise, ne le serait pas à l’échelon de l’établissement ou de l’école.

Analyse de la FSU : Alors que la baisse des effectifs dans chaque classe est un élément fondamental de la mise en sécurité sanitaire, nous déplorons vivement que ce ne soit pas un axe prioritaire pour notre institution. Nous faisons plus que nous interroger sur ces choix au moment où nous sommes toutes et tous en partie reconfiné-es dans notre vie privée. Cela figurait pourtant dans les annonces de rentrée de notre Ministre, pour lequel « tout était prêt », et dans ses plans de continuité pédagogique qui devaient se mettre en place en cas de circulation active du virus. Il semble qu’il soit pourtant difficile de nier que nous sommes à ce stade.

Par ailleurs, cela rend incompréhensible aux collègues, comme aux parents d’élèves, l’extension de l’obligation du port du masque dès 6 ans alors que les autres solutions existantes ne sont pas mises en œuvre.

Sur la très grande difficulté de limiter les brassages au lycée, nous tenons à rappeler que c’est la réforme mise en place par le Ministre, qui a suscité énormément de critiques et de résistances de la part des enseignant-es, qui en est responsable : en individualisant au maximum les parcours, cette réforme a totalement cassé la notion même de classe.

Toujours dans le sens de diminuer le brassage, là encore en conformité avec les propos du ministre, est-il prévu des recrutements sur les listes complémentaires ? Allez-vous réclamer une telle mesure à l’autorité rectorale ainsi qu’à celle ministérielle ?

Il est prévu un recrutement des services civiques pour aider dans les écoles. Cela devra avoir lieu avant le mois de janvier. C’est, à ce jour, la seule chose prévue pour alléger les difficultés liées à la mise en place des protocoles, sans forcément de lien avec la question du brassage.

Analyse de la FSU : Nous ne pouvons pas blâmer l’arrivée d’adultes supplémentaires dans nos établissements. Nous rappelons néanmoins que le statut des services civiques, précaires et sous-payé-es, ne correspond pas aux besoins de fonctionnement stable d’un service public.

Malgré tout, cela ne correspond pas aux besoins. Cela n’ouvre aucune porte pour d’éventuels dédoublements. Alors que nos élèves ont besoin d’école, le recrutement immédiat des listes complémentaires permettrait de répondre, même partiellement, à des passages en demi-groupe. Nous regrettons que cette évidence ne soit pas prise en compte au mépris de la réalité du terrain.

Les inquiétudes liées à l’épidémie, le choc consécutif à l’assassinat de notre collègue, les incertitudes successives liées aux annonces et dés-annonces ministérielles, les ressentis de mépris liés au fait d’apprendre les décisions ministérielles par la presse, tout cela explique un franchissement de gravité des risques psycho-sociaux, y compris pour les personnels de direction. Nous constatons une augmentation massive des situations de craquage effectif ou potentiel des collègues. Quelle prise en charge est-elle prévue ? Allezvous faire remonter le manque patent de médecins de prévention, d’infirmier-ère-s et d’assistant-e-s sociaux-ales?

Tout le monde est affecté par la période quelle que soit la fonction. Nous constatons aussi que la question de la sécurité n’épargne personne : chaque lieu peut être potentiellement visé par le terrorisme.
Dans le
département, les postes de psychologues, d’assistant-es de services sociaux et d’infirmier-es sont à 100 %. Ce n’est pas le cas des médecins bien que le poste existe. Ils et elles sont totalement dévouées à leurs missions et donc accueillent les personnels qui en font la demande. Ils et elles doivent se faire connaître auprès de la personne qui leur paraît la plus adaptée.

Analyse de la FSU : La FSU reconnaît volontiers le dévouement des acteurs-trices en jeu. La FSU entend que les postes sont globalement occupés. Ce n’est pas le sens de la question posée. Nous faisons l’analyse que la situation devrait conduire à augmenter notoirement ces postes afin de permettre la création d’équipe pluridisciplinaires au plus près des élèves. Hélas la DASEN se contente de dire que la situation exceptionnelle que nous vivons se satisfait des ressources qui convenaient dans le contexte normal précédent, avec un peu de dévouement en plus. Et nous comprenons par là qu’elle ne remontera pas de demande de postes supplémentaires. En agissant ainsi, le système ne peut que s’éloigner des besoins réels de terrain.

Est-il prévu des lieux d’écoute dans les établissements ?

Des lieux d’écoute spécifique ne sont pas prévus. Il faut prendre contact avec les professionnels proposés par l’institution.

Analyse de la FSU : Il est dommageable que ces temps n’aient pas été prévus alors que les organisations syndicales réclamaient au moins le maintien des 2h00 banalisées le matin de le rentrée, voire le report d’une journée de celle-ci. Il aurait fallu que le Ministère entende les besoins du terrain… mais cela semble hors de sa portée.

L’assassinat de notre collègue et les derniers événements nantais d’agression le jour de la rentrée, reposent la question de la protection fonctionnelle des agents de l’état. Qu’est-il prévu pour rappeler aux collègues leurs droits et pour les rassurer, en cas de problèmes liés à des agressions physiques ou morales ? Peuvent-ils compter sur l’assistance de leur hiérarchie pour par exemple aller porter plainte ?

C’est un combat permanent de la DSDEN qui incite les agent-es à porter plainte. Ce ne sont pas des cas isolés et le « pas de vagues » n’a plus court. C’est totalement obsolète. Bien au contraire, la DSDEN est proactive sur ces thématiques. Les chef-fes d’établissement peuvent tout-à-fait accompagner les personnels.

Analyse de la FSU : La FSU se félicite de la réactivité de l’administration en ce domaine. Toutefois, la situation nécessite selon nous que ce droit à protection fonctionnelle soit rappelé. L’administration peut accompagner un enseignant qui porte plainte. Elle peut aussi se saisir elle même de la plainte à la place de l’agent. On recourt à la protection fonctionnelle dans des moments forcément tendus, qui mettent en jeu une temporalité parfois rapide. Bien connaître les droits dans ce domaine devrait faire l’objet d’une formation.

Les agents qui depuis la rentrée se seraient vus arrêtés par congé maladie ordinaire alors qu’ils suspectaient une contamination Covid seront-ils placés rétroactivement en asa, récupérant ainsi leurs jours de congé maladie et la journée de carence perdue ?

Cette décision relève du recteur. Elle a été posée au CHSCTA et nous sommes en attente de réponses.

Analyse de la FSU : Nous entendons la réponse et prenons acte du niveau décisionnel. Il serait inadmissible, car profondément injuste, qu’une décision autre que la rétroactivité soit prise. La FSU y veillera à tous les niveaux.

Six masques lavables devraient être fournis pour assurer une fréquence de changement chaque demi-journée. Cette dotation reste très faible et non conforme aux besoins inscrits dans le protocole. Demandez-vous une augmentation de cette dotation ?

Les dotations sont calibrées à un niveau supérieur et ce n’est pas de la compétence de la DSDEN que de changer ce calibrage. La distribution s’effectue selon ce calibrage.

Analyse de la FSU : si nous entendons que la fixation du calibrage n’est pas du ressort de la DASEN, nous constatons une fois de plus que la navette interne de remontée des besoins ne fonctionne pas. On ne nous répond pas que la demande est injustifiée. On nous précise qu’il faut s’adresser ailleurs pour la faire valoir. On peut compter sur la FSU pour le faire, mais si l’institution fonctionnait efficacement elle devrait pouvoir se passer des syndicats pour ce type d’ajustement.

Les collègues enlèvent leur masque lors des activités phonologiques faute de masques transparents. Quand les masques à lecture labiale seront-ils disponibles ?

Il n’y a pas de réponse pour le moment.

Analyse de la FSU : Si tout était prêt au niveau ministériel, ce point n’est toujours pas réglé bien qu’évoqué de longue date à tous les échelons. Pourtant, c’est un outil indispensable à un exercice correct du métier au service des élèves. Encore faut-il connaître nos métiers pour en être convaincus

Certains contrôles officiels n’ont pas eu lieu sur les masques DIM en violation du code du travail. Cela a fortement augmenté la défiance des enseignant-e-s visàvis des services ministériels. Quelle garantie pouvez-vous apporter sur les nouveaux masques. Sont-ils arrivés partout ?

La FAQ porte à la connaissance de la profession les résultats de l’enquête sur les masques DIM en page 3 et 4. Les nouveaux ont été livrés et sont conformes aux recommandations sanitaires et les fiches descriptives ont été données aux établissements et sont disponibles pour qui s’y intéresse.

Analyse de la FSU : la lumière faite en page 3 et 4 est bien succinte. Bien peu nombreux-ses étaient celles et ceux qui avaient la science suffisante pour percevoir le danger.potentiel des zéolites de cuivre et d’argent qui figuraient sur la notice. Pour la FSU, la livraison d’équipements de sécurité à l’échelle très grande de la fonction publique aurait dû faire l’objet des expertises les plus poussées et ne pas laisser passer ce grave doute. Nous sommes condamnés à faire de nouveau confiance aux autorités de tutelle après un épisode qui a clairement entamé cette confiance.

Les organisations syndicales demandent à ce que soient recensés les collègues ayant porté les masques DIM afin de permettre une étude de toxicité et d’impact de ces équipements. Mettez-vous en œuvre ce recensement dans notre département ?

Aucun impact n’est possible comme c’est écrit dans la Foire aux questions.

Analyse de la FSU : La FAQ ne dit pas qu’aucun impact n’est possible. Précisément elle dit « le ministère de l’éducation nationale a immédiatement saisi les autorités compétentes pour obtenir des éléments de clarification sur leur dangerosité potentielle ». En fait la dangerosité des zéolites de cuivre et d’argent sur la reproduction est prouvée mais ne constitue pas forcément un risque de santé. La toxicité éventuelle dépend de la taille des cristaux, des quantités utilisées… Bref, personne ne peut affirmer aujourd’hui la toxicité, mais personne ne peut la nier non plus. Si aucun impact n’était possible pourquoi avoir fait valoir un principe de précaution? La FSU déplore hautement cette réponse et insiste pour qu’un tel recensement ait bien lieu. Ne pas le faire est mépriser la santé des agents et porte atteinte à l’exercice futur de leur droit à réparation en cas de toxicité reconnue.

Que comptezvous faire pour soulager les personnels de direction ?

Des choses sont déjà mises en place. De l’aide a été fournie notamment dans la préparation des certificats par la mise en place d’un publipostage.

Que comptezvous faire pour soulager les directeurs et directrices d’école ?

Réponse similaire. Les améliorations, y compris du logiciel Onde, sont possibles et parfois en cours. Un poste de référent-e a été créé pour les aider et il sera au mouvement l’année prochaine.

La réflexion sur l’allégement des tâches se poursuit mais effectivement, l’urgence rend compliqué d’avancer sur le sujet.

Analyse de la FSU : Dans les deux cas, les réponses apportées sont insuffisantes : il faudrait dégager du temps et des moyens humains de soutien. Le Ministère, malgré des groupes de travail sur la question dans le premier degré, semble sourd aux remontées du terrain sur cet aspect des choses.

Comment la DSDEN compte-t-elle aider les chef-fes d’établissement pour mettre en place le protocole partout de façon homogène, car ce n’est pas le cas aujourd’hui ?

Les chef-fes ont jusqu’au 9 novembre pour faire toutes les modifications nécessaires. Nous nous sommes réunis pendant les vacances. Nous les soutenons par l’échange en direct et la réponse à leurs questions.

Analyse de la FSU : Beaucoup de chefs d’établissement sont au bord de la rupture. Les ordres et contrordres de cette rentrée à propos de l’Hommage à Samuel Paty, le protocole inapplicable, cette gestion surréaliste de la situation, le côté corvéable à merci, tout cela rend leur fonction particulièrement insatisfaisante à tous niveaux. La FSU syndique des chefs d’établissement et rappelle que le droit du travail s’applique pour elles et eux aussi.

Que compte faire l’autorité académique face aux situations d’entretien défaillant des locaux, lorsque les moyens alloués par les collectivités territoriales sont insuffisants et que les personnels sont au bord de l’explosion ?

Le conseil départemental comme le conseil régional considèrent que l’apport est suffisant. Si des problèmes se présentaient, il se sont engagés à pallier à d’éventuels manques.

Pour les écoles, les IEN y sont très attentifs-ives et interviennent le cas échéant, pour discuter de la question.

Analyse de la FSU : Nous avons des remontées très claires de défaillances de ménage. Mais notre parole n’est pas prise au sérieux et renvoyée à une position de contradiction stérile. L’administration se contente de regarder ses indicateurs, sans voir que le principe de régulation sur lequel elle compte ne fonctionne pas. Des directeurs-trices d’école constatent des défauts de ménage dans certaines écoles. Ils interviennent auprès des agents, des mairies. Mais pour ne pas entrer en conflit ouvert, pour ne pas stigmatiser des agents dont ils voient l’épuisement, ils ne font pas remonter l’information. Lorsque le ménage classique n’est pas fait régulièrement, la désinfection ne l’est bien sûr pas non plus. La FSU le dénonce sans être entendue.

Beaucoup de stages pour les élèves en lycées professionnels comme dans les SEGPA sont annulés. Les professeur-e-s se retrouvent ainsi à avoir à gérer à la fois des suivis de stages et des cours aux élèves dont le stage a été annulé. Que compte faire l’autorité académique pour empêcher cette situation de double travail ?

Le recteur a été alerté et l’objectif est que les stages soient maintenus. Nous travaillons à convaincre les entreprises d’honorer leurs engagements. Il n’y a pas de solution immédiate. La réflexion est en cours.

Analyse de la FSU : Il y a une urgence réelle en SEGPA comme en lycée professionnel. Les PFMP (Période de Formation en Milieu Professionnel) pour les élèves de CAP et Bac Pro et les stages en entreprise devaient débuter le 3 novembre pour certains élèves. Avec le confinement, certain.es élèves ne peuvent pas se rendre sur les lieux de stages. Certaines entreprises refusent d’accepter les élèves pour raison sanitaire, d’autres sont purement sans activité. L’objectif de maintenir les stages est une utopie sauf si M. le Recteur donne une dérogation aux entreprises qui ne sont pas prioritaires. Lors des stages, le suivi des élèves par les enseignant.es est défini dans les statuts : le suivi compense les cours non assurés en face à face. Depuis le 3 novembre, les enseignant.es doivent assurer les cours pour les élèves sans stage et le suivi pour les autres, dans ce cas, le suivi doit être rémunéré en HSE (M. Le Recteur a-t-il prévu une enveloppe?). Cette situation va se généraliser, d’autres PFMP ou stages sont planifiés dans les semaines à venir en particulier pour les élèves de commerce/vente avec les fêtes de fin d’année. La FSU sera inflexible sur la question du double travail et demande un cadrage rapide.

Les réunions de travail (conseil de maîtres, d’écoles…) doivent-elles se tenir en présentiel ou en distanciel ?

Il n’y a pas de « règle » absolue. Cela dépend de l’espace disponible et si la distanciation et l’aération des locaux est possible. Le cas échéant le distanciel est possible.

Analyse de la FSU : cette réponse reste très floue. Qui évalue cette qualité d’aération en rapport avec le volume de la pièce? Comment déterminer une jauge sécurisée dans un lieu? C’est parfois enjeu d’inquiétude voire de conflit au sein des équipes. Cela ne fait pas question lorsqu’un groupe très réduit occupe un très grand espace. Mais c’est loin d’être toujours le cas. La FSU note qu’à ce jour aucune instance, y compris ces entretiens du mardi qui ne réunissent jamais plus de 9 personnes, n’a eu lieu en présentiel. Ce qui est possible dans les écoles devrait l’être pour les instances.