CSA-SD du 5 février 2026 – Compte-rendu
La rentrée 2026 s’annonce difficile en Sarthe tant dans le 1er que dans le 2d degré :
- Baisse démographique mal anticipée, avec des inégalités Public/Privé accrues.
- Moyens en baisse (ETP, heures), malgré des besoins croissants (inclusion, LP, collèges ruraux).
- Opacité des critères de répartition, favorisant les lycées au détriment des collèges.
- Urgence : Réduire les effectifs par classe, stabiliser les postes, et flécher les moyens vers les territoires défavorisés.
Ce que la FSU et ses syndicats revendiquent :
- Faire remonter les dysfonctionnements au ministère (évaluations nationales, DHG).
- Préparer des mobilisations pour exiger une répartition juste et des moyens supplémentaires.
Compte-rendu FSU de l’instance
Pour l’administration :
Mme POGLIO (DASEN), Mme RIOU (Secrétaire générale), Mme CHANCEREL (DESCO), M. DENIAU (référent pour les lycées), Mme LE-GOURRIEREC (référente pour les collèges)
Présent•es pour les représentant•es des personnels :
FSU : M. BEZANNIER (Snep-FSU), M. COUSIN (Snes-FSU), M. CRISTOFOLI (SD FSU), Mme LACHENDROWIECZ (Snes-FSU), M. MARGANNE (Snes-FSU), M. MAUTOUCHET (Snuep-FSU) et Mme MEZIERE (Snics-FSU).
FO : 1 membre | UNSA : 2 membres | CFDT : 1 membre
1. Les Déclarations liminaires :
FO, l’UNSA et la FSU ont lu des déclarations liminaires.
2. Contexte démographique : une baisse généralisée, des inégalités renforcées
- Baisse des effectifs : Le département perd 1 328 élèves (tous niveaux confondus) pour la rentrée 2026, dont 354 en collège, 56 en lycée général et technologique (LGT), et 27 en lycée professionnel (LP). Le post-bac reste stable.
- Accélération en collège : La baisse, amorcée depuis 2021, touche surtout les niveaux 6e et 5e, et remontera progressivement vers le lycée.
- Disparités Public/Privé : Les collèges privés perdent plus d’effectifs que le public, mais leur Indice de Position Sociale (IPS) reste plus élevé (115,9 contre 102,1 pour le public). La FSU alerte sur l’accroissement des inégalités : le public accueille de plus en plus d’élèves défavorisés ou en difficulté, avec des moyens en baisse, risquant de dégrader le climat scolaire et d’accentuer la fuite des familles favorisées vers le privé.
- LP et orientation : Stabilité des effectifs en LP depuis 2024, mais la CFDT interroge les départs vers le privé après le public, et la DSDEN évoque des retours d’apprentis en LP, sans données précises.
Enjeu : La FSU souligne l’urgence de valoriser la baisse démographique pour réduire les effectifs par classe et améliorer les conditions d’accueil, plutôt que de subventionner des dispositifs ponctuels.
3. Répartition des moyens horaires : opacité et inéquités
- Suppression d’ETP : L’académie doit rendre 99 ETP, dont 22 pour la Sarthe (pour 440 élèves en moins). La FSU dénonce l’absence de transparence sur les critères de répartition, qui ne reflètent pas la réalité démographique.
- Nouveaux dispositifs :
- Accompagnement pédagogique renforcé : Remplace les groupes de besoin, avec une dotation horaire liée aux résultats aux évaluations nationales (Français/Maths). La FSU critique ce système, qui stigmatise les établissements et incite à « tricher » pour préserver les moyens.
- Perte de 500h en collège pour 450 élèves en moins : La FSU demande une réserve horaire et une réduction des effectifs par classe, plutôt que des dispositifs ciblés.
- Lycées professionnels : La dotation dépend de la carte des formations, mais des variations inexpliquées (ex. : +19h à Sablé pour une nouvelle formation) montrent un manque de cohérence.
Problème récurrent : Les écarts entre prévisions et réalité (ex. : lycées sous-dotés en juin) créent des services partagés et des postes non pourvus, dégradant les conditions de travail.
4. Situations critiques par établissement
- Collèges :
- 18 collèges <300 élèves, dont 6 en forte baisse. Ex. : Bessé-sur-Braye (5 enseignants à temps plein, 20h manquantes), Berthelot (Le Mans) (28 élèves/classe, postes menacés en Lettres/Maths).
- Collèges de la Flèche : Perte d’une division chacun, avec des IPS inquiétants pour les élèves défavorisés.
- Suze-sur-Sarthe : Ratio de 26,8 élèves/division (29 en 4e), climat scolaire tendu.
- Lycées :
- La Flèche : -97h, -72 élèves, 4 fermetures de postes prévues.
- Mamers : Dotation insuffisante malgré une hausse des effectifs.
- Funay HB (Le Mans) : IPS de 80 (comme les collèges de REP+ environnants), mais exclu de l’Éducation prioritaire.
Constat FSU : les ajustements annoncés en juin sont rares et insuffisants. La DSDEN évoque un observatoire des dynamiques rurales, mais la période électorale bloque les décisions. De plus, les personnels n’y sont pas représenté•es à travers leurs élu•es.
5. Dispositifs spécifiques : ULIS et DAR
- Création de 3 ULIS pour 2026 et un Dispositif d’Auto-Régulation (DAR) pour les élèves autistes (en partenariat avec l’ARS).
Remarque de la FSU : ces structures puisent dans les moyens du 1ᵉʳ degré et manquent d’un plan pluriannuel permettant aux personnels de se projeter dans un retour à 10 élèves par ULIS collège, tel que la réglementation le prévoi, évitant ainsi l’épuisement des personnels.
6. Revendications de la FSU
- Réduire les effectifs par classe pour profiter de la baisse démographique.
- Transparence sur les DHG : des éléments permettant de véritablement comprendre les écarts de moyens (ex. : pourquoi une division fermée = perte de 36h en moyenne ?).
- Intégrer les LP en Éducation prioritaire (ex. : lycée profesionnel Funay Hélène Boucher avec un IPS de 80).
- Stabiliser les équipes : stopper les suppressions de postes basées sur une vision idéologisée de la gestion des moyens niant les réalités de terrain. (61 fiches SST entre le 6 janvier et le 12 février 2026)
- Moyens pour une éducation nationale réellement inclusive : des salles avec des moyens adaptées aux élèves et notamment AESH avec un statut, formées et en nombre suffisant.
SARTHE