VISA 72 – communiquĂ© de presseÂ
VISA 72 condamne les violences qui ont conduit Ă la mort d’un jeune nĂ©ofasciste et appelle Ă cesser l’instrumentalisation et les pressions
Les organisations membres de VISA 72 rappellent avec gravité que la mort violente d’une personne constitue toujours un drame humain. Elle appelle à la retenue, au refus des instrumentalisations et à une analyse politique rigoureuse des faits.
Depuis ce décès survenu à Lyon, les récupérations politiques se multiplient. Elles visent à brouiller les responsabilités, à disqualifier l’antifascisme et, plus largement, à jeter l’opprobre sur le mouvement social, syndical et politique. Cette stratégie est dangereuse. Elle alimente les tensions et contribue à un climat de peur et de confusion qui profite aux forces réactionnaires.
VISA 72 refuse toute mise sur le mĂŞme plan entre l’extrĂŞme droite et celles et ceux qui la combattent. L’extrĂŞme droite, de ses origines Ă aujourd’hui, s’est construite sur la violence, le racisme, l’antisĂ©mitisme, le sexisme, la nĂ©gation des droits fondamentaux et l’accaparement des richesses. Elle utilise la violence comme un moyen politique assumĂ© pour imposer ses idĂ©es et faire taire ses opposant·es.
Les faits sont établis : au moins neuf personnes ont été tuées en France par des militant·es ou sympathisant·es d’extrême droite au cours des quatre dernières années. Ces violences ne relèvent ni de faits isolés ni de dérives marginales, mais d’une dynamique politique structurée.
Les événements récents confirment cette réalité :
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Agressions répétées de militant·es et de personnes ciblées par des groupes d’extrême droite dans plusieurs villes.
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Attaques et dégradations de locaux syndicaux, associatifs et politiques.
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Menaces visant des militant·es, des minorités et des lieux de culte.
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Multiplication d’appels explicites à la vengeance et à la violence.
Dans ce contexte, les prises de position institutionnelles et politiques qui contribuent à banaliser l’extrême droite interrogent profondément.
La tenue d’une minute de silence à l’Assemblée nationale en hommage à un militant néofasciste illustre ce brouillage des repères politiques et moraux. Elle participe à une inversion des responsabilités qui tend à invisibiliser les violences systémiques de l’extrême droite et à délégitimer celles et ceux qui la combattent. Par ailleurs, les discours officiels invoquant une neutralité abstraite de l’État et des institutions judiciaires ne peuvent être examinés sans esprit critique.
L’histoire sociale et syndicale montre que les rapports de force traversent les institutions et que les libertés démocratiques n’ont jamais été concédées sans luttes. Les tentatives de criminalisation du mouvement social et de l’antifascisme s’inscrivent dans une continuité réactionnaire que nous combattons.
VISA 72 réaffirme sa mission : informer, analyser, former et alerter sur les dangers de l’extrême droite, sur ses stratégies de banalisation et sur les complicités politiques, institutionnelles et médiatiques dont elle bénéficie.
Cette vigilance est indispensable pour outiller les militant·es, les syndiqué·es et l’ensemble du monde du travail.
Pour VISA 72, l’unité des forces du mouvement social attachées à la transformation sociale, à l’égalité, à la justice sociale, écologique et fiscale est essentielle pour résister et mener ce combat contre l’extrême droitisation du débat public.
SARTHE

