1. CR du CSA-SD 2d degré
Le CSA-SD 2d degré du 17 mars 2026 s’ouvre sur la déclaration liminaire de la FSU qui fait du dossier « Bourdon » à Touchard-Washington un cas emblématique de la manière dont l’administration traite (ou ne traite pas) la santé au travail et les managements toxiques.
La FSU rappelle que l’employeur et ses représentant•es ont une obligation de moyens et de résultats et que l’accompagnement des victimes ne peut pas se substituer à une véritable prévention des risques, condition du bon fonctionnement du Service public tant pour les personnels que pour les élèves, qui subissent les conséquences profondément néfastes d’une telle « politique » de gestion des personnels.
Dotations, créations et suppressions de postes
Pour 2026-2027, le schéma académique prévoit –99 postes d’enseignant·es, dont –22 ETP pour la Sarthe.
Les DHG ont été transmises tardivement, mais les créations et suppressions de postes ont pu être remontées pour l’ouverture du mouvement intra.
- Sur le département : 26 suppressions de postes et 8 créations.
- En LP : 1 suppression, 2 créations, dont un poste spécifique national en métiers d’art à Sablé (Raphaël Elizé). Plusieurs transformations de postes ordinaires en postes spécifiques académiques (ex. pâtisserie au LP Funay–Hélène-Boucher) soulèvent des inquiétudes FSU sur un possible verrouillage du mouvement.
- En collèges : nombreuses suppressions sur postes vacants mais aussi des mesures de carte scolaire (Allonnes Kennedy, Le Mans Berthelot, etc.), et quelques créations (EPS à Joséphine Baker, SVT à Mayet, Lettres modernes à Mulsanne).
- En lycées généraux et technologiques : suppressions souvent sur postes vacants, mais aussi des mesures de carte scolaire (physique-chimie à La Flèche, SES à Yourcenar), quelques créations (SVT à Robert-Garnier, biochimie-biologie au Mans-Sud) et postes spécifiques (lettres en CPGE à Montesquieu, lettres modernes latin à Raphaël-Elizé).
La FSU insiste sur plusieurs points de mandat :
- refus de la logique de suppressions de postes, qui fragilise les équipes, complique le mouvement et détruit l’offre de formation ;
- exigence d’heures-postes plutôt que d’HSA, pour limiter la surcharge de travail, préserver la qualité du service public et offrir des emplois stables, y compris pour les contractuel·les ;
- refus d’une politique de moyens pilotée uniquement par l’austérité et la démographie, sans analyse fine des besoins éducatifs et de la continuité des équipes.
Focales politiques : Sillé-le-Guillaume et Berthelot
Deux dossiers illustrent concrètement les effets des choix de dotation :
- Cité scolaire Paul-Scarron à Sillé-le-Guillaume
- Suppressions en arts plastiques, musique, allemand au collège, et fragilisation des spécialités au lycée.
- Pour la FSU, dans un territoire rural en déprise démographique, ces réductions de moyens accroissent la dépendance aux TZR et contractuel·les, réduisent la diversité des enseignements, incitent les familles à scolariser ailleurs (y compris dans le privé) et menacent l’égalité d’accès à une offre de formation ambitieuse.
- La DSDEN se place dans une logique de gestion globale de la cité scolaire, évoquant des postes « neutralisés » et la baisse démographique. La CFDT rappelle pourtant l’efficacité sociale du lycée (réussite des boursiers, poursuites en CPGE).
- Collège Berthelot (Le Mans)
- Mobilisation forte (collège mort, familles très opposées aux fermetures de postes) alors que les classes sont déjà très chargées (toutes au-dessus de 26 élèves, jusqu’à près de 30 en 3e).
- La FSU pointe les effets d’une resectorisation controversée, de moyens non pérennes (groupes de besoin) qui empêchent la stabilisation des équipes, et l’importance de la mixité sociale qu’il faut préserver.
- La DSDEN invoque la fin des groupes de niveaux, l’« équité » de traitement, l’accompagnement renforcé en maths-français, la contrainte de bâtiments exigus et l’absence de fuite vers le privé selon ses chiffres.
- La FSU conteste ces arguments : avec une division de plus par niveau, les effectifs par classe seraient réduits et les suppressions évitées ; les dérogations entrantes montrent au contraire l’attractivité de l’établissement. Elle met en cause la suffisance de la DHG départementale qui ne permet pas un traitement réellement équitable des collèges.
Ces deux cas servent à généraliser l’analyse de la FSU : la dotation globale départementale, décidée au niveau ministère/rectorat, est jugée insuffisante pour assurer à la fois de bonnes conditions d’étude (effectifs, offre de formation) et des équipes stables sur tout le territoire, ce qui rejoint les mandats FSU contre l’austérité et pour l’égalité territoriale.
Alertes FSU sur le lycée, les HSA, les stagiaires et les contractuel·les
La FSU alerte sur :
- La fragilisation progressive de plusieurs lycées (Racan, Scarron, bientôt Le Mans-Sud) par une gestion trop étroite des spécialités du lycée général, incapable d’absorber les fluctuations des choix d’élèves d’une année sur l’autre. Fermer un poste pour le rouvrir l’année suivante est jugé incohérent et déstabilisant.
- L’augmentation des HSA au détriment des heures-postes. Les faibles salaires poussent les collègues à accepter trop d’HSA, ce qui détériore les conditions de travail et la qualité du service rendu. La FSU demande que les heures actuellement sur postes vacants supprimés soient transformées en heures-postes, non en HSA.
- L’impact des suppressions de postes sur le mouvement et la présence de stagiaires : la FSU ne conteste pas l’accueil des stagiaires, mais interroge leurs quotités de service afin qu’ils ne bloquent pas de postes entiers.
- L’inquiétude pour les contractuel·les qui risquent de se retrouver sans heures à la rentrée, conséquence directe des baisses de dotation.
Dispositifs particuliers : ULIS, DAR, allophones
Sur les dispositifs ULIS, la DSDEN annonce, pour 2026-2027, trois nouvelles ULIS collèges (Bonnétable, Sablé Reverdy, Noyen). La FSU s’en félicite, mais rappelle le besoin d’une ULIS dans chaque collège pour respecter le seuil de 10 élèves par dispositif et répondre aux besoins de proximité, en particulier en lycée où l’offre est rare.
Un travail est en cours pour ouvrir un dispositif d’autorégulation (DAR) pour élèves avec TSA à la rentrée.
Concernant les élèves allophones :
- Dispositif MAST à l’EREA Raphaël-Elizé (Changé) et pôle d’inclusion au lycée Touchard-Washington ;
- Répartition des dispositifs dans l’agglomération mancelle et les pôles urbains (Mans, Arnage, Sablé, La Flèche).
- Mais les moyens 2026-2027 sont en baisse ou stables alors que les effectifs augmentent : diminution des heures-postes en collèges et à l’EREA, augmentation des HSA et légère amélioration de la coordination et du chargé de mission.
La FSU relève que ces éléments ne figuraient pas dans les documents préparatoires, ce qui a empêché l’analyse en séance, et annonce une question diverse spécifique sur la baisse de moyens au regard de la hausse des effectifs d’allophones. Cet angle rejoint ses mandats sur l’accueil inconditionnel et la réussite de tous les élèves, notamment les plus fragiles.
Calendrier carte scolaire 1er degré
Les élections municipales modifient le calendrier : CSAD 1er degré le 2 avril, CDEN le 9 avril. Aucune instance fin juin/début juillet 2026 : une instance aura lieu début septembre, centrée sur des ouvertures pour absorber les hausses d’effectifs d’été ; la DSDEN s’engage à ne pas décider de fermetures « sèches » à cette période. La FSU demande que ce caractère exceptionnel soit confirmé pour 2027, ce que la DSDEN confirme.
Questions diverses FO et FSU
- Les dotations horaires supplémentaires pour les parcours aménagés (cinéma, théâtre, musique) intégrées dans les DHG.
- Le nombre de PIAL (29 publics dont 2 en lycée, 6 dans le privé), avec une réflexion annoncée sur la publication d’une carte.
La FSU pose une série de questions :
- Classes « défense » : 5 collèges et 1 lycée en Sarthe, aucune ouverture prévue en 2026.
- Stabilité des équipes de collège : la DSDEN n’a pas d’étude statistique ni de seuils pensés en termes de service public (seules les contraintes de gestion sont mises en avant). La FSU oppose son expertise de terrain : autour de 3 divisions par niveau (≈12 divisions, 300 élèves), 80 à 90% des enseignant·es peuvent être titulaires.
- Direction du LP Funay–Hélène-Boucher : après le départ du proviseur, l’intérim est assuré en interne, avec des effets en chaîne (CPE faisant fonction, besoin de remplacement). La FSU interroge le choix de ne pas affecter un personnel expérimenté.
- BMA/BNMA à Raphaël-Elizé : l’ouverture d’un BNMA pour 15 élèves de 3e à la rentrée 2026 ; malgré le maintien transitoire du BMA pour des élèves en fin de CAP en 2026, cette décision semble acter la fin du BMA qui permettait aux élèves sortant de CAP de pouvoir accéder à cette formation de Brevet des métiers d’art. La FSU insiste sur la sécurisation du parcours des élèves de CAP à moyen terme.
- Natation en 6e : des chefs envisageraient de réduire les séances, ce que la DSDEN dit ne pas avoir identifié. La FSU relie cette dérive à la baisse de dotation.
En fin de séance, la FSU :
- Demande pour le prochain CSA la liste des « collèges en progrès » et des collèges bénéficiant d’un accompagnement renforcé.
- Dénonce l’absence de créations de postes d’infirmier·es à la hauteur des besoins dans l’académie de Nantes : seulement 12 postes au concours alors que la Sarthe compte déjà 15 postes vacants. Elle conteste l’argument de l’absence de vivier alors que des candidat·es sont refusé·es par manque de places, alors même que le ministère communique sur l’« urgence en santé mentale des élèves ».
Sur le vote final, après une interruption de séance à l’initiative de la FSU, toutes les OS se concertent. Le scrutin aboutit à 6 voix FSU + 1 FO contre, 2 UNSA + 1 CFDT abstentions.
- le projet de suppressions/créations est donc adopté, ce qui illustre à la fois l’opposition syndicale largement majoritaire et l’importance que la FSU soit renforcées lors des prochaines élections professionnelles… Cela permettrait d’avoir encore plus de voix à la fois constructive et en capacité de s’opposer à l’administration.
- l’administration n’est pas contrainte de représenter un autre projet suite à l’abstention de l’UNSA et de la CFDT.
SARTHE
