Les représentant•es de la FSU sont élu•es pour défendre les personnels, leurs intérêts matériels et moraux.

Cela passe évidemment par des analyses, puis des revendications et des mobilisations pour obtenir gain de cause.

En Sarthe, la FSU est à pied d’œuvre au sein de la Formation Spécialisée Santé Sécurité et Conditions de Travail pour faire des situations qui semblent d’abord et avant tout individuelles, un enjeu collectif.

La souffrance au travail liée à des conditions organisationnelles ou matérielles dégradées est une réalité que la FSU dénonce depuis de nombreuses années.

Nous vous proposons avec ce premier article un regard analytique sur une partie de la réalité départementale.

Les données issues des fiches du registre santé et sécurité au travail (RSST) de la DSDEN 72, traitées par la FSU 72 au 10 avril 2026, mettent en lumière une forte concentration des alertes dans le premier degré, avec une prédominance de situations liées aux élèves et à la dégradation du cadre de travail. Elles permettent d’objectiver la cartographie des risques (physiques, psychosociaux et de sécurité) ainsi que leur répartition territoriale au sein du département.

01 – Le nombre de fiches selon le type d’établissement

Ce document montre que les fiches RSST se concentrent très largement dans le premier degré, en particulier dans les écoles élémentaires (40% des fiches) et les écoles primaires (32,33%), tandis que maternelles (8%), collèges (12%) et lycées (7,67%) restent nettement en retrait. Cela confirme que les personnels du primaire sont les plus exposés ou les plus enclins à utiliser le RSST pour signaler leurs difficultés.


02 – Le nombre de fiches selon l’origine des risques (1er et 2nd degrés)

Les principales origines de risques identifiées sont d’abord les élèves « qui éprouvent le cadre » (56% des fiches), suivis des problèmes liés au bâti (12%) et des relations avec la hiérarchie (10%). Les difficultés organisationnelles, les tensions entre personnels et les menaces extérieures représentent chacune une part plus limitée mais significative, tandis que les besoins éducatifs particuliers non satisfaits restent minoritaires en volume absolu. La centralité des comportements d’élèves souligne une crise de la gestion de classe et du climat scolaire.


03 – Le nombre de fiches selon l’origine des risques dans le 1ᵉʳ degré (vue globale + focus maternelle)

Dans le premier degré, 159 fiches sur 240 (66%) concernent des élèves qui éprouvent le cadre, très loin devant le bâti (10%), les menaces extérieures (8%) et les autres catégories. La maternelle présente un profil particulier : les risques restent principalement liés au comportement des élèves, mais les besoins particuliers non satisfaits et les menaces extérieures y occupent une place relativement plus importante qu’ailleurs. Cela illustre une pression constante sur les équipes, face à des situations de classe complexes combinant violences, besoins spécifiques et conditions matérielles dégradées.

 

 

04 – Le nombre de fiches selon l’origine des risques dans le 1ᵉʳ degré (détail élémentaire / primaire)

Ce document affine l’analyse en distinguant élémentaire et primaire : partout, l’élève qui éprouve le cadre représente une majorité écrasante (64% des fiches en élémentaire, 75% en primaire). Les problèmes de bâti, les tensions avec la hiérarchie et les menaces extérieures forment un second cercle de risques, non négligeable, mais très loin derrière la question du climat de classe. On voit ainsi que la question des « élèves difficiles » structure la quasi‑totalité des alertes dans le premier degré.

 

05 – Le nombre de fiches selon l’origine des risques dans le 2nd degré (collèges et lycées)

Dans les collèges, les fiches se répartissent entre comportements d’élèves (18%), conflits avec la hiérarchie (29%), problèmes de bâti (26%) et autres risques organisationnels ou de poste de travail, traduisant un paysage de risques plus diversifié. Au lycée, les alertes portent majoritairement sur les relations avec le chef de service (52%), loin devant les défauts d’organisation du travail (13%), les relations entre personnels (18%) et les problèmes de bâti (13%). Les tensions hiérarchiques y occupent donc un rôle central, davantage que les comportements d’élèves.

06 – Communes à l’origine des fiches RSST

Cette carte communale met en évidence une forte concentration des fiches au Mans (101 sur 209), suivi d’Allonnes (32) et de La Flèche (22), tandis que le reste du département se caractérise par une dispersion de petits volumes. Les agglomérations urbaines concentrent donc la majorité des signalements, ce qui peut refléter à la fois un recours plus fréquent au RSST, une plus grande densité d’établissements et des conditions de travail plus tendues.

 

07 – Le nombre de fiches selon les types de risque

Tous degrés confondus, les risques physiques (36%) et les risques combinant RPS et physique (29%) dominent, tandis que les risques strictement psychosociaux représentent 22%, devant la sécurité (12%), les risques chimiques (1%) et un cas ergonomique isolé. Dans le premier degré, ce sont surtout les risques physiques et mixtes (RPS+physique) qui dominent, alors que dans le second degré, la majorité des fiches relève des risques psychosociaux (53%), les risques physiques restant minoritaires (24%). Le second degré apparaît ainsi plus marqué par la souffrance psychique, tandis que le premier degré cumule violences physiques et atteintes psychosociales.