Ce jeudi 9 avril, le CDEN s’est tenu à la préfecture.

La FSU a lu une déclaration.

La DASEN a globalement maintenu sa carte scolaire initiale, malgré les interventions des élu·es, de la FCPE et de la FSU. Elle n’a procédé qu’à 5 annulations de fermetures : Verneil‑le‑Chétif, Saint‑Corneille, Chérancé (RPI), Assé‑le‑Boisne et Langevin à Allonnes. Toutes les autres fermetures et l’immense majorité des non‑ouvertures demandées restent inchangées, ce qui revient à entériner sans réelle inflexion son projet de départ.

L’essentiel du Compte-rendu

FERMETURES

MESURES DE FERMETURES : 37 écoles visées

  1. École de Conflans-sur-Anille – Montval
  2. École de Juigné-sur-Sarthe – Juigné-sur-Sarthe
  3. École de Saint-Jean-de-la-Motte – Saint-Jean-de-la-Motte
  4. École de Verneil-le-Chétif – Verneil-le-Chétif – Cette école n’aura pas de fermeture à la rentrée 2026
  5. École de Champfleur – Champfleur
  6. École d’Oizé – Oizé
  7. École de Brûlon – Brûlon
  8. École de Marigné-Laillé – Marigné-Laillé
  9. École de La Chapelle-d’Aligné – La Chapelle-d’Aligné
  10. École de Ballon-Saint-Mars – Ballon-Saint-Mars
  11. École de Saint-Corneille – Saint-Corneille – Cette école n’aura pas de fermeture à la rentrée 2026
  12. École de Saint-Jean-d’Assé – Saint-Jean-d’Assé
  13. École de Brette-les-Pins – Brette-les-Pins
  14. École de Saint-Georges-du-Bois – Saint-Georges-du-Bois
  15. École de Bouloire – Bouloire
  16. École de Ruaudin – Ruaudin
  17. RPI de Chérancé – Chérancé – Cette école n’aura pas de fermeture à la rentrée 2026
  18. RPI de Piacé / Coulombiers – Piacé / Coulombiers-
  19. RPI d’Assé-le-Riboul / Ségrie – Assé-le-Riboul / Ségrie
  20. École d’Assé-le-Boisne – Assé-le-Boisne – Cette école n’aura pas de fermeture à la rentrée 2026
  21. RPI La Guierche / Souillé – La Guierche / Souillé
  22. École primaire d’Auvers-le-Hamon – Auvers-le-Hamon
  23. École Molière – Coulaines
  24. École Marceau – Le Mans
  25. École Jules-Ferry – Allonnes
  26. École Michel-Ange – Le Mans
  27. École Dr-Calmette – Le Mans
  28. École Gaston-Bachelard – Le Mans
  29. École Suzanne-Busson – Le Mans
  30. École Marcel-Pagnol – Le Mans
  31. École Jean-Macé – Le Mans
  32. École Louis-Blériot – Le Mans
  33. École élémentaire – Moncé-en-Belin
  34. École maternelle – Sillé-le-Guillaume
  35. École maternelle – Connerré
  36. École maternelle – Saint-Saturnin
  37. École maternelle Les Maillets – Le Mans
  38. École maternelle – La Milesse
  39. École maternelle André-Fertré – La Flèche
  40. École maternelle Pape-Carpentier – Le Mans
  41. École maternelle – La Bazoge
  42. École maternelle Langevin – Allonnes – Cette école n’aura pas de fermeture à la rentrée 2026

À cela s’ajoutent les refus d’ouverture malgré les argumentaires détaillés de la FSU pour :

  • Dissay‑sous‑Courcillon

  • Souligné‑Flacé

  • Saint‑Mars‑d’Outillé

  • Claude‑Monnet à Degré

  • Maternelle Les Ardriers (Le Mans)

  • Maternelle Les Capucines (Moncé‑en‑Belin)

MESURES D’OUVERTURES : seulement 4 écoles    

  1. École élémentaire Lyautey – Allonnes
  2. École élémentaire Jean-Mermoz – Le Mans
  3. École maternelle Louis-Pergaud – Le Mans
  4. École maternelle – Loué

Malgré les arguments avancés par la FSU (seule organisation des personnels à avoir défendu les écoles et à avoir préparé des argumentaires) en faveur d’une ouverture sur les écoles de Dissay sous Courcillon, de Souligné-Flacé, de Saint-Mars-d’Outillé, l’école Claude Monnet à Degré , les écoles maternelles Les Ardriers au Mans, Les Capucines à Moncé-en-Belin, La DASEN n’a pas proposé d’ouverture.

La DASEN a aussi entendu les arguments de la FSU mais partiellement au sujet des pertes de décharge de direction pour l’année scolaire 2026-2027.

Carte scolaire – Rentrée 2026 – Maintien provisoire de la décharge de direction pour 1 année

E.P.PU ; CHANTEFABLES ; BRETTE LES PINS ; 0,50 ; 0,50
E.P.PU ; MOLIÈRE ; COULAINES ; 0,50 ; 0,50
E.E.PU ; JEAN MACÉ ; LE MANS ; 0,50 ; 0,50
E.E.PU ; LOUIS BLÉRIOT ; LE MANS ; 0,50 ; 0,50
E.E.PU ; MARCEL PAGNOL ; LE MANS ; 0,50 ; 0,50
E.P.PU ; TROMPE SOURIS ; ST GEORGES DU BOIS ; 0,50 ; 0,50

La FSU a dénoncé la situation pour les écoles passant de 1/3 à 1/4 de décharge, tout comme la situaiton des écoles de 4 classes en fermeture perdant leur journée de décharge de direction hebdomadaire en passant à 3 classes. Celles écoles n’ayant plus que 12 journées par an.

Aucune mesure n’est prévue pour soutenir ces écoles et les collègues directrices concernées

 

Tableau récapitulatif de la carte scolaire du 9 avril 2026

Ligne Besoins en emplois Ressources disponibles
Actions 1 et 2 : enseignement pré‑élémentaire et élémentaire 4 37
Action 3 : ASH 10 1
dont PAS 9
dont renforcement Mission « difficultés des élèves à expression comportementale » 1
Stratégie Réussite des élèves 2
Ajustements éventuels de septembre 1
Dotation rentrée 2026 21
TOTAL 38 38

Compte-rendu du CDEN du 9 avril 2026

Le CDEN s’est tenu ce jeudi 9 avril à la préfecture, en présence du préfet, de la DASEN, des représentant·es des collectivités et des organisations syndicales, dont la FSU.

1. Déclarations liminaires et cadrage général

La FSU a lu une déclaration rappelant que la baisse démographique ne devrait pas servir de prétexte à la réduction des moyens, mais être l’occasion d’améliorer les conditions d’étude et de travail, en particulier dans le premier degré (effectifs, inclusion, remplacements, conditions de direction, reconnaissance des AESH, etc.).

Inquiet•e de la position des maires, le préfet et la DASEN ont insisté sur la « baisse importante » des effectifs à l’échelle nationale (450 000 élèves en moins, plus que les années précédentes) et sur le fait que, selon lui, le budget de l’Éducation nationale reste « en évolution positive », évoquant notamment la création de 5 000 emplois au niveau national (réforme de la formation initiale, AESH, retrait de 4 000 emplois, solde positif).

En préambule de son intervention thématisée, la FSU a rappelé les analyses de l’économiste Julien Grenet, directeur de recherche au CNRS et professeur associé à l’École d’économie de Paris, qui montre que le budget de l’Éducation nationale est « artificiellement gonflé » : une fois les retraites retranchées, la France investit en réalité moins que la moyenne européenne et de l’OCDE, en particulier dans le primaire. Pour la FSU, la baisse démographique devrait donc être l’occasion de repenser les priorités éducatives et d’améliorer les conditions d’étude et de travail, et non un prétexte pour réduire les moyens.

Source : café pédagogique

La DASEN a rappelé le calendrier d’élaboration de la carte scolaire (prévisions de novembre avec les IEN, échanges avec les « grands élus », contraintes de la réserve électorale qui ont limité la communication avec les maires) et la logique de répartition de moyens « contraints ». Elle a mis en avant l’Observatoire des dynamiques rurales et territoriales comme outil de dialogue avec les collectivités, ainsi que l’amélioration affichée du taux de remplacement (96% de septembre à décembre) malgré une nouvelle baisse d’effectifs prévue en Sarthe pour la rentrée 2026.

2. Interventions des élu·es et des parents

Plusieurs maires sont intervenus pour dénoncer l’impact de la carte scolaire sur les bassins de vie, en particulier en milieu rural. Le maire de Cures a salué la qualité des échanges avec la DSDEN tout en soulignant le caractère « purement comptable » des fermetures et leurs effets traumatisants pour les communes, d’autant plus quand des investissements ont été réalisés récemment dans les écoles.

Il a insisté sur la nécessité de prendre en compte les perspectives de développement (constructions, arrivées de familles) et a demandé que le cas de Saint-Jean-de-la-Motte soit réexaminé. Il a également relayé le courrier de l’AMF exprimant une forte incompréhension face à certaines mesures, notamment dans les RPI.

La FCPE a exprimé son inquiétude pour les territoires ruraux, regretté de ne pas avoir été associée plus en amont au processus, et dénoncé le rythme des fermetures. Elle a souligné la situation de plusieurs écoles (La Flèche – André Fertré, Connerré, Moncé-en-Belin, etc.) et salué quelques ouvertures, tout en estimant que cela restait très insuffisant au regard des besoins.

En réponse, la DASEN et le préfet ont rappelé la contrainte des moyens, la différence de traitement entre grandes et petites écoles, ainsi que les mesures d’ajustement prises dans la ruralité (quelques fermetures écartées) et les ouvertures en ULIS collège au titre de l’école inclusive.

3. Interventions de la FSU sur la carte scolaire

La FSU a organisé son intervention autour de plusieurs thèmes transversaux :

3.1. Fermetures et pertes de décharges de direction

La FSU a dénoncé la « double peine » pour 8 écoles qui cumulent fermeture de classe et perte de décharge de direction, avec des passages de mi-temps à tiers-temps, de tiers à quart-temps, ou de la journée hebdomadaire à seulement 12 jours annuels.

Elle a rappelé le rôle central des directions (coordination pédagogique, lien aux familles, relation aux communes) et le fait que la diminution de la décharge dégrade les conditions de travail de toute l’équipe, alors même que la charge de classe augmente.

La FSU a aussi rappelé qu’il y a une dizaine d’années, lorsqu’une fermeture était actée, la perte de décharge n’était pas appliquée dès la première année, et a dénoncé l’absence de dispositif de soutien pour les écoles de 4 classes qui passent à 3 classes et perdent leur journée hebdomadaire de direction.

À l’issue du CDEN, la DASEN a toutefois accepté de maintenir provisoirement pour un an la décharge de direction à mi‑temps dans plusieurs écoles (Chantefables à Brette-les-Pins, Molière à Coulaines, Jean-Macé, Louis-Blériot et Marcel-Pagnol au Mans, Trompe-Souris à Saint‑Georges‑du‑Bois).

3.2. Fermetures dans des écoles avec ULIS/UEEA

La FSU a dénoncé les fermetures de classes dans 6 écoles disposant d’un dispositif ULIS ou UEEA, alors que cela réduit le nombre de classes d’accueil et complique fortement l’inclusion.

Elle a rappelé que la qualité de l’inclusion est étroitement liée aux conditions organisationnelles et matérielles : fermeture de classe rime avec hausse du nombre de niveaux par classe et augmentation des effectifs, ce qui dégrade à la fois les conditions d’apprentissage pour les élèves (dont ceux d’ULIS) et les conditions de travail des personnels.

3.3. Écoles au‑dessus de la moyenne départementale E/C

La FSU a rappelé que 32 écoles verront, en cas de fermeture, leur moyenne d’élèves par classe dépasser la moyenne départementale (20,5 élèves par classe environ pour 2026), certaines allant jusqu’à 23,5 élèves.

Elle a réaffirmé la nécessité de maintenir de petits effectifs, quel que soit le territoire, alors que la France se situe déjà au‑dessus de la moyenne européenne pour la taille des classes dans le primaire.

3.4. Petites écoles rurales

La FSU a souligné le cas de 9 petites écoles rurales (moins de 6 classes) qui perdent une classe. Ces écoles cumulent isolement géographique, classes multi‑niveaux, publics souvent défavorisés, et faibles volumes de décharge de direction qui vont encore diminuer avec les fermetures.

Pour la FSU, il s’agit à nouveau d’une « double peine » pour ces territoires ruraux, qui devraient au contraire être soutenus pour maintenir un maillage de services publics de proximité.

3.5. Éducation prioritaire et écoles très populaires

La FSU a pointé que 16 écoles touchées par une fermeture accueillent une majorité d’élèves issus de catégories socio‑professionnelles défavorisées (plus de 50%).

Dans un contexte socio‑économique qui se dégrade, la FSU estime que ces écoles devraient être protégées en priorité et demande l’annulation des fermetures qui les visent.

3.6. Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS)

La FSU a contesté la création de 9 nouveaux PAS cette année et de 10 l’an prochain, alors qu’aucun véritable bilan n’a été présenté. Elle a interrogé l’articulation de ces structures avec le travail des RASED et des enseignant·es référent·es, dans un contexte d’instabilité du secteur médico‑social et de manque chronique de moyens spécialisés.

La FSU reste opposée à ces postes de PAS, considérant qu’ils détournent des moyens qui devraient être en priorité devant les élèves. Elle revendique que ces emplois soient transformés en postes d’enseignant·es référent·es, de RASED, de dispositifs ULIS (notamment dans le second degré), de classes dans les écoles en tension ou de remplaçant·es.

4. Mesures de carte scolaire

4.1. Fermetures

La DASEN a présenté un projet comportant 37 écoles visées par une fermeture de classe.
Au cours du CDEN, elle a annoncé l’annulation de 5 fermetures : Verneil‑le‑Chétif, Saint‑Corneille, Chérancé (RPI), Assé‑le‑Boisne et Langevin à Allonnes, qui n’auront donc pas de fermeture à la rentrée 2026.

Les 32 autres fermetures sont maintenues.

4.2. Ouvertures

La DASEN a annoncé seulement 4 ouvertures de classes :

  • École élémentaire Lyautey à Allonnes

  • École élémentaire Jean‑Mermoz au Mans

  • École maternelle Louis‑Pergaud au Mans

  • École maternelle à Loué

Malgré les arguments détaillés de la FSU, aucune ouverture n’a été retenue pour les écoles de Dissay‑sous‑Courcillon, Souligné‑Flacé, Saint‑Mars‑d’Outillé, l’école Claude‑Monnet à Degré, ni pour les maternelles Les Ardriers (Le Mans) et Les Capucines (Moncé‑en‑Belin.

5. Situations d’écoles défendues par la FSU

La FSU est revenue plus précisément sur plusieurs écoles pour demander l’annulation de fermetures ou des ouvertures :

  • Saint‑Jean‑de‑la‑Motte : effectifs en hausse, situations d’élèves très fragiles, classes qui seraient surchargées en cas de fermeture, perte de la journée hebdomadaire de direction.

  • Dissay‑sous‑Courcillon : prévisions à près de 80 élèves avec des répartitions très lourdes en triple niveaux, incertitude sur le maintien des aides financées par la mairie, hausse probable des effectifs l’année suivante.

  • Maternelle Les Ardriers (Le Mans) : plus de 100 élèves sur 4 classes, arrivée d’inscriptions en cours d’année, classes déjà fortement chargées.

  • Maternelle Les Capucines (Moncé‑en‑Belin) : respect des seuils GS impossible sans classes à 30‑31 élèves, accueil régulier d’enfants du voyage non comptabilisés dans les prévisions, présence d’élèves à besoins particuliers et d’élèves susceptibles de redoubler la GS.

  • Souligné‑Flacé : prévisions autour de 75–78 élèves, classes très chargées en doubles/triples niveaux après une précédente fermeture, avec des élèves en difficulté, des enfants de la communauté des voyageurs et des élèves allophones ; la FSU estime qu’une ouverture est indispensable pour rendre la structure soutenable.

Aucune de ces demandes n’a été retenue par la DASEN.

6. Bilan global des moyens

Un tableau de synthèse présenté en séance récapitule la dotation pour la rentrée 2026 : moyens affectés à l’enseignement pré‑élémentaire et élémentaire, à l’ASH (dont 9 PAS et un renforcement de la mission « difficultés à expression comportementale »), à la stratégie de réussite des élèves, aux ajustements de septembre, ainsi que la dotation globale.

La FSU constate que, malgré une dotation affichée équivalente en emplois, les choix de répartition conduisent à de nombreuses fermetures, à une hausse des effectifs par classe dans de très nombreuses écoles, et à un renforcement des dispositifs PAS au détriment de postes directement devant élèves.

7. Divers

Enfin, la question des transports scolaires ALEOP a été abordée, avec la dénonciation par la FSU d’un forfait à 171 € pour les élèves du primaire, jugé trop élevé pour de nombreuses familles.

Des questions diverses ont également été portées par la FCPE sur la dotation horaire dans certains établissements du second degré et sa présentation dans les conseils d’administration.