Budget de la Sécurité Sociale 2026, la Santé toujours maltraitée ! Un budget encore une fois très inférieur aux besoins.
Le gouvernement Lecornu a fait voter une augmentation des dépenses de santé de 3 % pour 2026, présentée comme une avancée. La réalité est que cet objectif est une nouvelle fois très en-deçà des besoins minimums indispensables !
- Les dépenses d’assurance maladie augmentent de 4 à 4,5 % par an simplement du fait du vieillissement de la population et de l’augmentation des maladies chroniques.
- La pénurie de professionnel·le·s contraint les établissements à recourir à l’intérim pour des surcoûts invraisemblables, tandis que les médecins étrangers sont maintenus dans la précarité.
- Des dépenses supplémentaires nécessaires, comme l’augmentation des cotisations retraite, s’imposent aux établissements publics de santé et du médico-social mais ne sont pas financées par ce budget.
- Les prix des nouveaux médicaments restent soumis à l’appétit de l’industrie pharmaceutique.
Les hôpitaux publics, les EHPADs et les établissements médico-sociaux ne peuvent plus soigner et accueillir la population dans des conditions satisfaisantes. Des lits et des services sont fermés. Plus de 80 % des territoires sont des déserts médicaux en ville et à l’hôpital. Les dépassements d’honoraires explosent partout. En psychiatrie, le manque chronique de moyens s’aggrave malgré la « Santé mentale grande Cause nationale », entraînant des mois d’attente en Centre Médico-Psychiatrique et Centre Médico-Psycho-Pédagogique.
Non seulement cette loi de financement de la Sécurité Sociale entretient un déficit permanent des comptes de la Sécu, mais elle n’avance aucune proposition permettant de répondre à la crise de l’hôpital public et aux difficultés majeures d’accès aux soins.
- Les exonérations de cotisations sociales patronales (près de 90 milliards d’euros annuels) ne sont pas remises en cause.
- La prévention reste le parent pauvre, limitée à une approche individuelle. Même le Nutri-Score est abandonné.*
- La taxe sur les mutuelles est encore augmentée de 2,05 %. Multipliée par 8 en 20 ans ! Cette taxe gouvernementale de 1 milliard d’euros sur les complémentaires va se traduire par une nouvelle augmentation de leur coût qui pèsera, au bout du compte, sur les ménages.
- Si le gouvernement n’a pas réussi à imposer de nouvelles franchises ni à les augmenter, la petite musique consistant à culpabiliser les malades et à accepter cette remise en cause fondamentale de la solidarité est bien là. Et rien ne dit que, dans quelques mois, ces augmentations ne tomberont pas par décret.
- De nouvelles mesures sur les arrêts maladie pèsent sur les médecins prescripteurs et culpabilisent inutilement les malades.
- Les « petites » mesures d’encadrement des dépassements d’honoraires sont abandonnées.
- Le dispositif France Santé affiche la promesse d’une solution de santé à moins de 30 minutes, mais sans réels moyens supplémentaires pour les structures existantes déjà débordées et ne pouvant répondre aux besoins réels. De plus, cela favoriserait l’installation de centres de consultations non programmées, à but lucratif, et le détournement de professionnel·le·s vers le privé.
Nous appelons à nous mobiliser et à organiser partout où c’est possible des initiatives et débats :
- Pour dénoncer l’insuffisance de financement de la Sécu qui menace notre santé physique et psychique.
- Pour un budget de la Sécurité Sociale à la hauteur des besoins : une Sécurité sociale solidaire et universelle, gérée démocratiquement, prenant en charge intégralement à 100 % les frais de santé prescrits, dans un périmètre élargi et redéfini selon les besoins des populations et non des intérêts privés dans la santé, sans aucune condition ni discrimination et intégrant en son sein l’Aide Médicale d’État menacée.
- Pour exiger la suppression des franchises, forfaits, dépassements d’honoraires et restes à charge.
- Pour défendre le droit et l’utilité des arrêts de travail, les affections de longue durée (ALD), l’Aide Médicale d’État (AME), le droit au séjour pour soins des étranger·ère·s malades (DASEM).
- Pour un service public de santé de proximité, avec ouverture de centres de santé pluriprofessionnels publics ou à but non lucratif, développés en priorité dans les déserts médicaux.
- Pour le soutien et l’extension de la politique publique de secteur psychiatrique et de pédopsychiatrie de proximité, avec ses besoins d’hospitalisation.
- Pour redonner à l’hôpital public les moyens de répondre à l’ensemble de ses missions.
- Pour un accès à la santé égal pour tous et toutes, partout.
- Pour une prise en charge réelle et solidaire de la perte d’autonomie à tous les âges par la Sécurité sociale.
- Pour un financement des associations citoyennes à hauteur de leurs actions de prévention, d’accompagnement et d’information.
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SARTHE